36 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
de 100 mètres et la soucoupe plongeante SP 350 que nous avons déjà
utilisée en Mer Rouge au cours de nos précédentes croisières.
Ce n’est pas seulement parce qu’elle part pour un très long voyage
que la Calypso est surchargée, c’est aussi qu’il lui faut accomplir de
multiples tâches qui réclament des moyens très divers.
Il n’est pas inutile d’énumérer ici tout ce dont il faut disposer à bord
de la Calypso pour entreprendre l’étude de la mer telle que nous la
concevons.
Nous emportons :
1. Un matériel de plongée considérable, ultramoderne, et qui comporte
des appareils mis au point par le C.E.M.A., le Centre d’Etudes Marines
Avancées, que j’ai fondé à Marseille en 1953 et que je préside toujours.
Le C.E.M.A. conçoit et construit les prototypes de tous les instruments dont
nous avons besoin. Nous emportons cette fois les nouveaux scaphandres
autonomes carénés, hydrodynamiques, avec un casque muni d’un projecteur
et un téléphone incorporé. Nous les avons déjà mis à l’épreuve lors de notre
plongée d’hier. Ils s’accompagnent d’une nouvelle combinaison noire, d’une
seule pièce, ornée d’une ligne jaune sur le côté : ensemble fort élégant que
tout le monde s’est empressé d’essayer.
Nous disposons à bord d’une puissante installation d’air comprimé
qui peut, le cas échéant, gonfler simultanément toutes nos bouteilles. Bien
entendu la Calypso emporte également deux petits caissons de décompression
qui permettraient, le cas échéant, de porter remède à tout accident survenant
aux plongeurs au moment de la remontée.
En outre, nous sommes équipés pour entreprendre des plongées profondes avec des mélanges respiratoires à l’hélium qui évitent la narcose.
La Tourelle Galeazzi, dont j’ai déjà parlé, permettra d’éviter les accidents
de décompression à l’hélium.
Enfin nous emmenons des scooters sous-marins d’un nouveau modèle
que nous essaierons le plus tôt possible en Mer Rouge.
2. Nous ne faisons pas une navigation comme celle des autres navires
qui vont à quai dans des ports. Il nous faut à bord de nombreuses embarcations toujours disponibles, très maniables, à mettre à l’eau en pleine
mer pour la reconnaissance des fonds et des côtes, pour l’exploration, pour
la surveillance et la protection des plongeurs, mais aussi des embarcations
légères et rapides pour approcher les grands animaux marins que nous
comptons observer et filmer : les baleines, les dauphins, les phoques...
Nous avons donc des zodiacs, des chalands en aluminium, des Bombards*,
ainsi qu’une impressionnante collection de moteurs hors-bord. Plus d’une
fois les chalands insubmersibles seront remplis d’eau et installés sur la
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