Nous avons attaché à la carapace de plusieurs tortues un kytoon (ballon de repérage) afin de
pouvoir suivre leurs évolutions après la ponte.
entraîne vers le large. Les deux plongeurs se laissent flotter et attendent
sans perdre leur sang-froid. Philippe Sirot est réputé pour son calme. Laban
a entre les mains un appareil de photographie sous-marine. Il le lève à bout
de bras et brûle successivement tout ce qui lui reste d’ampoules de flash.
Puis avec le réflecteur il s’efforce de capter les rayons du soleil et de faire
des signaux. Pendant ce temps sur la passerelle de la Calypso et du haut du
portique, tout le monde scrute la mer avec des jumelles, mais deux hommes
isolés au milieu des lames assez creuses ne font pas une grande tache. C’est
Jean-Paul Bassaget qui les discerne enfin au bout d’une demi-heure et leur
envoie à toute allure un zodiac, mais Laban a eu le temps d’être touché
par plusieurs méduses. Philippe Sirot qui ne brandissait pas le flash est moins
atteint. L’un et l’autre ne semblent guère émus par leur aventure.
Nous avons exploré maintenant à peu près toute l’île. L’intérieur est
plat et inhospitalier. Il y règne une odeur fétide de marécage. Il faut du
courage pour vivre ici. Ceux qui ont essayé de s’y installer ont échoué.
La plupart des tentatives faites pour vivre à Europa se sont terminées tragiquement. L’île est faite de corail mort, dur et stérile comme de la pierre.
Comme Bassas da India, Europa est un vieil atoll en décomposition.
Ce n’est même plus un atoll. Le lagon s’est comblé, fermé. Il ne reste plus
que cette eau saumâtre. Et la transformation semble bien s’accélérer presque
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