L’HISTOIRE DE LA MER 227
de la tourelle Galeazzi sans s’arrêter et ils se dirigent vers la grotte à
55 mètres de fond.
Pour veiller sur eux et éventuellement les secourir, d’autres plongeurs
avec des scaphandres ordinaires alimentés à l’air comprimé évoluent aux
abords de la tourelle et aideront leurs camarades lorsque ceux-ci remonteront
des profondeurs.
Les prises de vues dans la grotte ne sont pas faciles. Il faut en effet
que deux plongeurs et le cameraman puissent y évoluer, qu’on y amène
les lampes alimentées par des câbles depuis la Calypso et qu’on prélève des
échantillons.
Pour ce genre de prises de vues à une assez grande profondeur, le
cameraman et les plongeurs se concertent avant de descendre, mais ils sont
tellement entraînés à travailler ensemble qu’en plongée ils agissent d’instinct
en parfaite coordination. Ces plongées comportent à la fois des prises de
vues cinématographiques, une mission d’exploration et des prélèvements
d’échantillons qui seront envoyés à un laboratoire de mesure des faibles
radioactivités.
Pendant la descente, Deloire, notre cinéaste, est en tête. Il est suivi
par Bonnici qui porte les lampes jumelées de 1.000 watts, puis par
Raymond Coll qui servira de « sujet ». Au-dessus d’eux Dominique Sumian
et d’autres plongeurs font passer les fils qui fournissent le courant électrique
pour la lumière. En outre il y a constamment en surface des veilleurs prêts
à intervenir en cas de besoin. Au total douze personnes.
Deloire entre le premier dans la grotte pour filmer l’arrivée des autres
et il se place tout au fond. Les plongeurs doivent savoir d’instinct où se
trouve la caméra et ils doivent calculer leurs gestes pour rester autant que
possible dans le champ.
L’espace dont ils disposent pour évoluer n’est pas grand. Ils doivent
se faufiler en souplesse. Les fils électriques sont autant de pièges tendus
dans tous les sens et on voit mal. A cette profondeur, la moindre fausse
manœuvre pourrait avoir des conséquences dramatiques. Mais le spectacle
justifie tant d’efforts. Les parois de la grotte sont très belles à la lueur des
lampes. Elles sont couvertes d’éponges bleues, d’algues calcaires roses, de
Bryozoaires, d’Hydrozoaires, de Gorgones rouges ou jaunes. En se couchant
sur le sol même de la grotte, Deloire réussit à prendre une très belle vue
à contre-jour de la voûte d’entrée que Bonnici éclaire avec un projecteur
bien placé. Un Alcyonaire mauve, translucide, est accroché au plafond
exactement là où il faut pour offrir une « composition » parfaite. Ce sont
des visions comme on ne peut en avoir que dans la mer à ces profondeurs-là :
elles sont totalement étrangères à tout ce que nous pouvons voir sous le
de la tourelle Galeazzi sans s’arrêter et ils se dirigent vers la grotte à
55 mètres de fond.
Pour veiller sur eux et éventuellement les secourir, d’autres plongeurs
avec des scaphandres ordinaires alimentés à l’air comprimé évoluent aux
abords de la tourelle et aideront leurs camarades lorsque ceux-ci remonteront
des profondeurs.
Les prises de vues dans la grotte ne sont pas faciles. Il faut en effet
que deux plongeurs et le cameraman puissent y évoluer, qu’on y amène
les lampes alimentées par des câbles depuis la Calypso et qu’on prélève des
échantillons.
Pour ce genre de prises de vues à une assez grande profondeur, le
cameraman et les plongeurs se concertent avant de descendre, mais ils sont
tellement entraînés à travailler ensemble qu’en plongée ils agissent d’instinct
en parfaite coordination. Ces plongées comportent à la fois des prises de
vues cinématographiques, une mission d’exploration et des prélèvements
d’échantillons qui seront envoyés à un laboratoire de mesure des faibles
radioactivités.
Pendant la descente, Deloire, notre cinéaste, est en tête. Il est suivi
par Bonnici qui porte les lampes jumelées de 1.000 watts, puis par
Raymond Coll qui servira de « sujet ». Au-dessus d’eux Dominique Sumian
et d’autres plongeurs font passer les fils qui fournissent le courant électrique
pour la lumière. En outre il y a constamment en surface des veilleurs prêts
à intervenir en cas de besoin. Au total douze personnes.
Deloire entre le premier dans la grotte pour filmer l’arrivée des autres
et il se place tout au fond. Les plongeurs doivent savoir d’instinct où se
trouve la caméra et ils doivent calculer leurs gestes pour rester autant que
possible dans le champ.
L’espace dont ils disposent pour évoluer n’est pas grand. Ils doivent
se faufiler en souplesse. Les fils électriques sont autant de pièges tendus
dans tous les sens et on voit mal. A cette profondeur, la moindre fausse
manœuvre pourrait avoir des conséquences dramatiques. Mais le spectacle
justifie tant d’efforts. Les parois de la grotte sont très belles à la lueur des
lampes. Elles sont couvertes d’éponges bleues, d’algues calcaires roses, de
Bryozoaires, d’Hydrozoaires, de Gorgones rouges ou jaunes. En se couchant
sur le sol même de la grotte, Deloire réussit à prendre une très belle vue
à contre-jour de la voûte d’entrée que Bonnici éclaire avec un projecteur
bien placé. Un Alcyonaire mauve, translucide, est accroché au plafond
exactement là où il faut pour offrir une « composition » parfaite. Ce sont
des visions comme on ne peut en avoir que dans la mer à ces profondeurs-là :
elles sont totalement étrangères à tout ce que nous pouvons voir sous le
