24 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
30 mètres et cela non pas à cause des systèmes de transmission et d’enregistrement, mais parce que, à partir de cette profondeur, la voix est très
déformée par la densité de l’air respiré.
Sur la passerelle de la Calypso, nous disposions d’une machine électronique, le premier étage d’un calculateur, avec une machine à écrire qui
en théorie devait nous permettre de faire un montage électronique du film.
Nous avions beaucoup d’illusions. Avec des séries de lettres nous
formulions des programmations, B17 ou Z64 : elles désignaient un requin
qui vient de droite à gauche tout seul ou un requin de gauche à droite
avec un plongeur ou avec deux plongeurs. Si tout avait bien marché,
évidemment le monteur qui avait besoin d’un requin de gauche à droite
n’avait qu’à appuyer sur un bouton... Mais le système n’a pas résisté à
l’expérience. Le premier étage du calculateur installé sur la passerelle
posait des problèmes de programmation, puis ensuite d’utilisation, qui
devenaient pratiquement insurmontables. Malgré nos bonnes intentions il
a fallu renoncer à ces méthodes très perfectionnées.
A la fin de cette première journée, je constate une fois de plus la
merveilleuse efficacité de tous pour mener à bonne fin une action complexe.
La Calypso peut faire trois choses en même temps. Peut-être sera-t-il même
possible d’en faire quatre. Aujourd’hui nous avons réussi à faire du travail
très utile avec deux équipes de cinéma en plongée et la soucoupe. C’est
une bonne épreuve.
Au-delà de 100 mètres
André Laban qui a fait descendre notre soucoupe plongeante la SP 350
au-delà de 100 mètres se montre discret sur la beauté du fond. Il est vrai
qu’il n’est pas bavard. Il garde ses impressions pour lui. En fait de témoignage il se fie surtout à la caméra incorporée à la soucoupe plongeante et
qu’il manie en virtuose.
En passant la main sur son crâne poli que l’humidité a terni, il ne
consent à dire qu’une phrase :
— Il y avait de belles touffes de corail noir.
Nous en verrons davantage sur la pellicule.
Les fonds de la Mer Rouge offrent toujours des surprises. Je le sais
par expérience. C’est là que nous avons connu nos plus belles heures de
plongée. La Mer Rouge est ce couloir de merveilles où presque chaque
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