L’HISTOIRE DE LA MER 223
gereuse qui rappelle l’ivresse. Or pour une descente à 100 mètres il est
indispensable de conserver toute sa présence d’esprit. Un mélange respiratoire dans lequel une partie de l’azote de l’air comprimé est remplacé par
l’hélium recule le seuil à partir duquel la « narcose » est à craindre.
Nous avons donc prévu d’effectuer des plongées en mélange ternaire,
c’est-à-dire en gonflant les bouteilles 50 % à l’air, 50 % à l’hélium pur.
Cela nous permettra de repousser de 50 à 100 mètres les limites de la
narcose. Nous pourrons donc compter sur une parfaite clarté de l’intelligence
pendant toute la durée de la plongée. En revanche nous devons prévoir un
temps de décompression beaucoup plus important, c’est-à-dire un retour
progressif à la pression atmosphérique plus lent parce que l’hélium diffuse
plus rapidement que l’air à l’intérieur du corps.
Pour éviter tout accident, après une plongée aussi profonde, la
décompression doit être de l’ordre d’une heure quarante.
Il n’est pas question de faire en pleine eau des « paliers » d’une
heure quarante. C’est à l’intérieur de la tourelle Galeazzi que les plongeurs
feront leur décompression. Pour cela la tourelle doit être descendue aux
environs de moins 25 mètres, la porte inférieure ouverte. Elle sera alimentée
en air depuis la surface par un gros tuyau.
L’équipe de pointe va effectuer la première plongée qui est toujours la
plus délicate.
Sur la plage arrière de la Calypso, nos meilleurs champions s’équipent :
Bébert, habitué aux grandes profondeurs, Raymond Coll auquel nous avons
révélé la plongée alors qu’il avait tout juste seize ans, Bonnici qui nous a
donné bien des preuves de son intuition de la vie sous-marine et un cinéaste,
Deloire, car je veux que toute l’opération soit filmée. Nous y passerons le
temps nécessaire et nous effectuerons autant de descentes qu’il faudra, mais
ce sera extrêmement instructif.
Tous sont calmes et souriants.
Nous avons à bord de la Calypso tout l’appareillage nécessaire pour ce
genre de plongées. Nous disposons d’énormes tribouteilles pour le mélange
respiratoire car aux grandes profondeurs les plongeurs consomment plus
de gaz. Nous avons accouplé trois gros cylindres de la Spirotechnique qui
sont très lourds. Il nous a fallu les alléger par des flotteurs enfermés sous
une gaine de caoutchouc. Le bosco, Chauvelin, Bassaget aident leurs camarades à capeler ces pesants engins qui s’allègeront dans l’eau.
Ces plongées à grande profondeur nécessitent un équipement compliqué
et beaucoup de soin et de prudence dans les préparatifs. Mais 1 enjeu est
considérable : rien, ni les descentes en soucoupe, ni l’intervention des robots,
ni les caméras automatiques ne valent la présence de l’homme dans les
gereuse qui rappelle l’ivresse. Or pour une descente à 100 mètres il est
indispensable de conserver toute sa présence d’esprit. Un mélange respiratoire dans lequel une partie de l’azote de l’air comprimé est remplacé par
l’hélium recule le seuil à partir duquel la « narcose » est à craindre.
Nous avons donc prévu d’effectuer des plongées en mélange ternaire,
c’est-à-dire en gonflant les bouteilles 50 % à l’air, 50 % à l’hélium pur.
Cela nous permettra de repousser de 50 à 100 mètres les limites de la
narcose. Nous pourrons donc compter sur une parfaite clarté de l’intelligence
pendant toute la durée de la plongée. En revanche nous devons prévoir un
temps de décompression beaucoup plus important, c’est-à-dire un retour
progressif à la pression atmosphérique plus lent parce que l’hélium diffuse
plus rapidement que l’air à l’intérieur du corps.
Pour éviter tout accident, après une plongée aussi profonde, la
décompression doit être de l’ordre d’une heure quarante.
Il n’est pas question de faire en pleine eau des « paliers » d’une
heure quarante. C’est à l’intérieur de la tourelle Galeazzi que les plongeurs
feront leur décompression. Pour cela la tourelle doit être descendue aux
environs de moins 25 mètres, la porte inférieure ouverte. Elle sera alimentée
en air depuis la surface par un gros tuyau.
L’équipe de pointe va effectuer la première plongée qui est toujours la
plus délicate.
Sur la plage arrière de la Calypso, nos meilleurs champions s’équipent :
Bébert, habitué aux grandes profondeurs, Raymond Coll auquel nous avons
révélé la plongée alors qu’il avait tout juste seize ans, Bonnici qui nous a
donné bien des preuves de son intuition de la vie sous-marine et un cinéaste,
Deloire, car je veux que toute l’opération soit filmée. Nous y passerons le
temps nécessaire et nous effectuerons autant de descentes qu’il faudra, mais
ce sera extrêmement instructif.
Tous sont calmes et souriants.
Nous avons à bord de la Calypso tout l’appareillage nécessaire pour ce
genre de plongées. Nous disposons d’énormes tribouteilles pour le mélange
respiratoire car aux grandes profondeurs les plongeurs consomment plus
de gaz. Nous avons accouplé trois gros cylindres de la Spirotechnique qui
sont très lourds. Il nous a fallu les alléger par des flotteurs enfermés sous
une gaine de caoutchouc. Le bosco, Chauvelin, Bassaget aident leurs camarades à capeler ces pesants engins qui s’allègeront dans l’eau.
Ces plongées à grande profondeur nécessitent un équipement compliqué
et beaucoup de soin et de prudence dans les préparatifs. Mais 1 enjeu est
considérable : rien, ni les descentes en soucoupe, ni l’intervention des robots,
ni les caméras automatiques ne valent la présence de l’homme dans les
