FLOSSIE ET GEORGETTE 207
ont commencé. Tout est un peu mélangé dans la vie sentimentale et familiale
des tortues. A cette époque de l’année, on trouve à la fois sur Europa
des males et des femelles qui s accouplent, des meres qui viennent pondre
leurs œufs et des petites tortues qui naissent après incubation dans le
sable. Nous décidons aussitôt de faire porter tous les efforts sur le tournage
du film.
Le lendemain de cette visite une nouvelle équipe part pour l’île avec
les caméras et une partie du matériel.
A bord de la Calypso, ce même jour, je tiens une conférence en prévision de l’arrivée d’un cyclone. En effet les quatre météos de la station nous
fournissent des renseignements de plus en plus inquiétants. Ce n’est pas
un, mais deux cyclones qui nous menacent : « Flossie » et « Georgette ».
Nos dispositions sont prises : il s’agit d’abord d’alléger la Calypso,
trop lourdement chargée. La puce n° 1 est mise en cale. La puce n° 2,
emplie de gueuses de fonte, doit être prête à tout instant à être immergée
par petit fond. La tourelle Galeazzi, à laquelle on enlève son circuit électrique, pourra être descendue à la mer dans les mêmes conditions. Si nous
avions à les immerger, nous les reprendrions plus tard.
Les oiseaux attaquent
Sur Europa, le cinéaste Lionel Legros passe une partie de la nuit
à filmer le rassemblement des tortues dans les petits fonds de l’île.
Lorsqu’avec ses compagnons il regagne le campement qui a été installé
sur la plage, le vent souffle par rafales : un vent furieux chargé de pluie.
Le campement est bouleversé. Tout se met à voler. La tente s’effondre.
Il faut enterrer dans le sable ou amarrer solidement tout ce qui a été
débarqué et mettre le zodiac à l’abri des plus hautes lames. De très gros
rouleaux balaient tout le platier. Dans la nuit éclairée de temps à autre
par la lune, la mer paraît très forte. Des nuages gonflés accourent, bas sur
la mer. On ne voit pas les feux de la Calypso.
Tandis que les quatre Robinsons travaillent à rassembler et à sauver
le matériel il leur faut faire face à une attaque imprévue. Tous les oiseaux
de l’île, et Dieu sait s’il y en a, se jettent sur eux, surexcités par la tempête.
Ils semblent être dans un véritable état de folie. Ils s’abattent sur les
hommes et les piquent du bec. Ils foncent sur eux dans un grand bruit
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