LA SECONDE FRONTIERE 203
qu’on y porte vont en s’accélérant. Au rythme actuel, en dix ou vingt ans,
le mal sera irréversible.
Sur ce phénomène de la pollution de la mer, le public s’alarme
moins vite et moins passionnément que pour la pollution terrestre : il n’a
pas conscience d’un danger immédiat ni qui le concerne directement.
Cela s’explique : chacun peut voir le nuage, le brouillard qui stagne
au-dessus des grandes cités. Chacun redoute ce « smog » et en souffre. Il en
va de même pour les eaux douces : tout le monde peut apercevoir les amas
de détritus, de déchets industriels, de poissons morts que charrient les
fleuves et les rivières. Le fond de la mer est moins visible. Le grand public
ne se sent pas encore solidaire de la vie des coraux. Nous ne sommes pas
si nombreux à aller périodiquement les voir, dans l’Océan Indien ou dans
le Pacifique.
Notre devoir n’en est que plus impérieux. Nous devons apporter notre
témoignage et dire ce que nous avons vu. Les Américains, plus que les
Européens, sont initiés aux beautés vivantes du corail. Aux Etats-Unis on
a pris des mesures pour protéger le très bel ensemble corallien de la
Floride. Une réserve sous-marine a été créée, dans la tradition des Parcs
Nationaux américains. C’est une réserve de 19.500 hectares, au large de
Key Largo, à 40 km de Miami. Elle a reçu le nom du biologiste John
Pennekamp. Elle est à l’abri des déprédations mais combien de temps
encore rester a-t-elle hors d’atteinte de la pollution ?
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