LA SECONDE FRONTIERE 187
Pour le moment je fais équipe avec Canoé Kientzy qui pilote la
puce n° 1. Je vois dans la mer à quelques mètres de mon hublot le disque
rond et peint en jaune de 1 autre puce. Ses phares éclairent la paroi presque
verticale de la falaise. L engin oscille un peu, puis se stabilise. Canoé tente
de diriger fermement sa soucoupe plongeante aussi bien dans le plan
horizontal que dans le plan vertical. Ce n’est pas si facile. Il y faut du
doigté et de la finesse. Et surtout pas d’énervement. Les puces se révèlent
plutôt capricieuses. Elles demandent qu’on les comprenne. En ce qui
concerne le pilotage nous avons encore beaucoup à apprendre.
J’ai choisi pour nos premiers essais les environs de Nossi Bé, des
fonds situés dans l’Est de l’île, à Angazoberavina. Nous sommes le dimanche
10 décembre.
Conçue par notre équipe de savants et d’ingénieurs d’après mes
directives et construite par Sud Aviation, chaque puce comprend des
appareils compliqués de propulsion, de navigation et de sécurité. Elle pèse
2 tonnes et mesure 1 mètre de large, 2 mètres de long. La propulsion
et la direction sont assurées par deux tuyères à eau sous pression
placées à l’avant. Le moteur électrique qui les actionne est enfermé dans
un coffre en fibre de verre situé à l’extérieur de la coque. Les batteries sont
également placées au dehors. Ainsi, en cas d’incendie du moteur ou
d’émanations provenant des batteries, le pilote n’a rien à craindre.
Ce sont des engins destinés à la fois à l’observation scientifique
et aux prises de vues sous-marines. Filmer le fond de la mer c’est
apporter une contribution à nos connaissances. C’est désormais une partie
importante de l’océanographie. Quatre hublots de plexiglas, épais de
7,5 cm, assurent en plongée un large champ de vision. Je pilote couché
sur le ventre et je dispose d’un manche à balai sur lequel sont réunies
toutes les commandes essentielles : les manettes des moteurs, les commandes de direction et d’assiette, la mise en route du téléphone et du
magnétophone, le déclenchement des deux caméras et l’allumage des
projecteurs.
En soulevant ce manche à balai je peux envoyer un lest de 60 kg
de mercure vers l’avant et la puce piquera du nez. Mais pour aujourd’hui
l’épreuve est suffisante.
Par téléphone Sonar j’invite Canoé à remonter et je préviens Laban
qui nous attend là-haut dans un zodiac que nous allons faire surface.
Quelques minutes plus tard, lentement nous revenons à la lumière et nous
rencontrons le soleil qui descend au-devant de nous à longs traits dans
la mer...
J’ai prévu un délai de sept jours pour vérifier la coque, les moteurs,
Pour le moment je fais équipe avec Canoé Kientzy qui pilote la
puce n° 1. Je vois dans la mer à quelques mètres de mon hublot le disque
rond et peint en jaune de 1 autre puce. Ses phares éclairent la paroi presque
verticale de la falaise. L engin oscille un peu, puis se stabilise. Canoé tente
de diriger fermement sa soucoupe plongeante aussi bien dans le plan
horizontal que dans le plan vertical. Ce n’est pas si facile. Il y faut du
doigté et de la finesse. Et surtout pas d’énervement. Les puces se révèlent
plutôt capricieuses. Elles demandent qu’on les comprenne. En ce qui
concerne le pilotage nous avons encore beaucoup à apprendre.
J’ai choisi pour nos premiers essais les environs de Nossi Bé, des
fonds situés dans l’Est de l’île, à Angazoberavina. Nous sommes le dimanche
10 décembre.
Conçue par notre équipe de savants et d’ingénieurs d’après mes
directives et construite par Sud Aviation, chaque puce comprend des
appareils compliqués de propulsion, de navigation et de sécurité. Elle pèse
2 tonnes et mesure 1 mètre de large, 2 mètres de long. La propulsion
et la direction sont assurées par deux tuyères à eau sous pression
placées à l’avant. Le moteur électrique qui les actionne est enfermé dans
un coffre en fibre de verre situé à l’extérieur de la coque. Les batteries sont
également placées au dehors. Ainsi, en cas d’incendie du moteur ou
d’émanations provenant des batteries, le pilote n’a rien à craindre.
Ce sont des engins destinés à la fois à l’observation scientifique
et aux prises de vues sous-marines. Filmer le fond de la mer c’est
apporter une contribution à nos connaissances. C’est désormais une partie
importante de l’océanographie. Quatre hublots de plexiglas, épais de
7,5 cm, assurent en plongée un large champ de vision. Je pilote couché
sur le ventre et je dispose d’un manche à balai sur lequel sont réunies
toutes les commandes essentielles : les manettes des moteurs, les commandes de direction et d’assiette, la mise en route du téléphone et du
magnétophone, le déclenchement des deux caméras et l’allumage des
projecteurs.
En soulevant ce manche à balai je peux envoyer un lest de 60 kg
de mercure vers l’avant et la puce piquera du nez. Mais pour aujourd’hui
l’épreuve est suffisante.
Par téléphone Sonar j’invite Canoé à remonter et je préviens Laban
qui nous attend là-haut dans un zodiac que nous allons faire surface.
Quelques minutes plus tard, lentement nous revenons à la lumière et nous
rencontrons le soleil qui descend au-devant de nous à longs traits dans
la mer...
J’ai prévu un délai de sept jours pour vérifier la coque, les moteurs,
