148 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
de ces trajets, ils passent sur le corps allongé de nos camarades qui sont
installés sur la plage. L’équipe n’arrive jamais à dormir tranquillement et il
fait tellement chaud que tout le monde passe cinq ou six heures couché
dans l’eau.
Au Cap Si Ane
Lundi 4 septembre, nous cherchons et nous trouvons vite l’épave du
Cap Si Ane, dans le détroit de Périm. Elle aussi est immense. Elle repose
par 30 mètres de fond dans une eau très trouble. Canoé et Philippe
descendent les premiers et il sort devant eux du fond de la cale une loche
si énorme, si monstrueuse qu’ils ont un instant de recul. La loche s’éloigne...
Plus personne ne devait la revoir. Malheureusement ni Canoé, ni Philippe
n’avaient de caméra.
La loche géante est un mérou à tête plate de 200 à 300 kg qu’on dit
capable d’avaler un homme d’une seule bouchée... Je n’y crois pas.
L’épave mesure une centaine de mètres de longueur et elle est couchée
entre 45 et 25 mètres de fond. Elle contient une faune extraordinaire :
d’autres loches qui atteignent 2,50 mètres de long (mais non, hélas les
3,50 mètres auxquels Canoé et Philippe estiment celle qu’ils ont vue).
Une très grosse tortue qui doit bien faire 100 kg se promène au-dessus
de l’épave qui est également habitée par un grand nombre de Barracudas
et de petits requins. Des poissons perroquets mangent les coraux qui ont
prospéré sur les tôles de l’épave.
En effet une bonne épaisseur de corail, peut-être 20 centimètres
recouvre la coque. Impossible de lire un nom. Il doit s’agir d’un cargo coulé
pendant la dernière guerre. Il a dans le flanc une énorme brèche par laquelle
on peut pénétrer dans la cale. Un mât est cassé à la base et couché sur
le côté.
Nous faisons une plongée de nuit sur cette épave, mais l’eau est
trouble et nous renonçons à filmer. Il y a des courants.
Devant Port Soudan, dans le Nord-Est, il existe une épave bien différente, celle de YOmbria, un cargo encore chargé de munitions et dont la
carcasse affleure. Il est couché sur bâbord et le bossoir tribord apparaît en
surface. 120 mètres de long.
L’épave, et c’est le plus surprenant, est presque totalement enfouie
de ces trajets, ils passent sur le corps allongé de nos camarades qui sont
installés sur la plage. L’équipe n’arrive jamais à dormir tranquillement et il
fait tellement chaud que tout le monde passe cinq ou six heures couché
dans l’eau.
Au Cap Si Ane
Lundi 4 septembre, nous cherchons et nous trouvons vite l’épave du
Cap Si Ane, dans le détroit de Périm. Elle aussi est immense. Elle repose
par 30 mètres de fond dans une eau très trouble. Canoé et Philippe
descendent les premiers et il sort devant eux du fond de la cale une loche
si énorme, si monstrueuse qu’ils ont un instant de recul. La loche s’éloigne...
Plus personne ne devait la revoir. Malheureusement ni Canoé, ni Philippe
n’avaient de caméra.
La loche géante est un mérou à tête plate de 200 à 300 kg qu’on dit
capable d’avaler un homme d’une seule bouchée... Je n’y crois pas.
L’épave mesure une centaine de mètres de longueur et elle est couchée
entre 45 et 25 mètres de fond. Elle contient une faune extraordinaire :
d’autres loches qui atteignent 2,50 mètres de long (mais non, hélas les
3,50 mètres auxquels Canoé et Philippe estiment celle qu’ils ont vue).
Une très grosse tortue qui doit bien faire 100 kg se promène au-dessus
de l’épave qui est également habitée par un grand nombre de Barracudas
et de petits requins. Des poissons perroquets mangent les coraux qui ont
prospéré sur les tôles de l’épave.
En effet une bonne épaisseur de corail, peut-être 20 centimètres
recouvre la coque. Impossible de lire un nom. Il doit s’agir d’un cargo coulé
pendant la dernière guerre. Il a dans le flanc une énorme brèche par laquelle
on peut pénétrer dans la cale. Un mât est cassé à la base et couché sur
le côté.
Nous faisons une plongée de nuit sur cette épave, mais l’eau est
trouble et nous renonçons à filmer. Il y a des courants.
Devant Port Soudan, dans le Nord-Est, il existe une épave bien différente, celle de YOmbria, un cargo encore chargé de munitions et dont la
carcasse affleure. Il est couché sur bâbord et le bossoir tribord apparaît en
surface. 120 mètres de long.
L’épave, et c’est le plus surprenant, est presque totalement enfouie
