INVENTAIRE DES PARADIS 103
constitué une épreuve que je ne tiens pas à renouveler. Il s’agit de passer
avant la mousson, même de justesse.
A Mombassa, l’arbre tribord est changé en deux jours, dans de bonnes
conditions sur un slip, pendant qu’une partie de l’équipage va visiter une
réserve d’animaux au Kenya.
Nous reprenons la mer et la Calypso fait route au Nord, en direction
de la Mer Rouge. Joie de retrouver notre vitesse normale, 10 nœuds et demi,
et d’éprouver enfin une impression de sécurité. C’est à ce moment, pendant
ces jours qui précèdent la mousson, que nous voyons enfin les baleines.
Bébert réussit à planter un harpon léger dans le lard de l’une d’elles
et nous la suivons à vue ou au radar pendant 24 heures, en enregistrant sa
conversation avec les autres baleines du groupe, mais le harpon finit par se
détacher.
Un géant
C’est également dans ces parages que nous rencontrons et filmons cet
animal très rare que je n’ai vu que deux fois dans ma vie : le requin baleine,
scientifiquement Rhincodon typus. Cette fois il s’agit d’un poisson et non
d’un cétacé. Un monstre de 15 mètres de long. Malgré son nom de
« baleine », c’est un authentique requin qui en a toutes les apparences : le
même œil fixe et rond, la même nageoire dorsale... Mon fils Philippe a
parlé de cette rencontre dans notre livre sur les requins. Je me bornerai
à dire ici combien l’affrontement avec un pareil animal est impressionnant,
bien qu’il soit en principe inoffensif et ne se nourrisse que de plancton.
C’est une masse de chair où veille une intelligence énigmatique. Notre ami
d’un jour s’est en tout cas montré assez bienveillant pour laisser Raymond
Coll s’accrocher à sa queue et se faire remorquer par lui.
Ces rencontres nous ont retardés et l’on devine maintenant à bien des
signes que la mousson nous serre de près. L’Océan Indien est plombé avec
des lames grises et dures, un ciel très bas. Mais nous touchons au but. Nous
entrons dans le Golfe d’Aden où nous trouvons un autre troupeau de
baleines. Le ciel est toujours aussi bouché et menaçant. Il l’est encore
devant Périm.
Entre les nuages sales nous apercevons des terres, des rochers jaunes et
roux.
constitué une épreuve que je ne tiens pas à renouveler. Il s’agit de passer
avant la mousson, même de justesse.
A Mombassa, l’arbre tribord est changé en deux jours, dans de bonnes
conditions sur un slip, pendant qu’une partie de l’équipage va visiter une
réserve d’animaux au Kenya.
Nous reprenons la mer et la Calypso fait route au Nord, en direction
de la Mer Rouge. Joie de retrouver notre vitesse normale, 10 nœuds et demi,
et d’éprouver enfin une impression de sécurité. C’est à ce moment, pendant
ces jours qui précèdent la mousson, que nous voyons enfin les baleines.
Bébert réussit à planter un harpon léger dans le lard de l’une d’elles
et nous la suivons à vue ou au radar pendant 24 heures, en enregistrant sa
conversation avec les autres baleines du groupe, mais le harpon finit par se
détacher.
Un géant
C’est également dans ces parages que nous rencontrons et filmons cet
animal très rare que je n’ai vu que deux fois dans ma vie : le requin baleine,
scientifiquement Rhincodon typus. Cette fois il s’agit d’un poisson et non
d’un cétacé. Un monstre de 15 mètres de long. Malgré son nom de
« baleine », c’est un authentique requin qui en a toutes les apparences : le
même œil fixe et rond, la même nageoire dorsale... Mon fils Philippe a
parlé de cette rencontre dans notre livre sur les requins. Je me bornerai
à dire ici combien l’affrontement avec un pareil animal est impressionnant,
bien qu’il soit en principe inoffensif et ne se nourrisse que de plancton.
C’est une masse de chair où veille une intelligence énigmatique. Notre ami
d’un jour s’est en tout cas montré assez bienveillant pour laisser Raymond
Coll s’accrocher à sa queue et se faire remorquer par lui.
Ces rencontres nous ont retardés et l’on devine maintenant à bien des
signes que la mousson nous serre de près. L’Océan Indien est plombé avec
des lames grises et dures, un ciel très bas. Mais nous touchons au but. Nous
entrons dans le Golfe d’Aden où nous trouvons un autre troupeau de
baleines. Le ciel est toujours aussi bouché et menaçant. Il l’est encore
devant Périm.
Entre les nuages sales nous apercevons des terres, des rochers jaunes et
roux.
