102 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
loin, font passer les câbles. Raymond et Amaddio en tuba et en surface
assurent la liaison avec la Calypso. En plus évoluent, Gilles le metteur en
scène, Deloire maniant la 9 mm avec un spot de 350 watts autonome, Didi
avec la caméra TGA et Laban avec l’appareil photo. Au total 14 hommes
à la fois, dans la nuit, à la mer. Première grande mise en scène de la
croisière, première réussite totale confirmée par les bouts d’essai développés
à bord.
Lutte de vitesse
Le 29 avril, nous nous arrêtons à Pemba, l’île voisine de Zanzibar.
Depuis le 18 mars, il y a plus d’un mois, nous ne marchons que sur un seul
moteur et notre vitesse ne dépasse guère 6 nœuds. Je veux voir s’il n’est
pas possible de changer l’arbre porte-hélice en faisant uniquement appel
aux plongeurs. Je sais bien que nous ne trouverons l’arbre de rechange qu’à
Mombassa, mais je veux au moins me rendre compte si les plongeurs peuvent
sortir les deux morceaux de l’arbre cassé sans créer de voie d’eau. Nous y
passons toute une journée de travail pour reconnaître finalement que la
tâche est impossible. Mais sous la coque les plongeurs découvrent des
poissons coffres à corne, d’extraordinaires étoiles de mer* grises et rouges
à piquants qu’on dirait sculptées dans du bois et peintes, des Holoturies
géantes et un crustacé vert de 10 à 12 centimètres de long, qui ressemble
un peu à une mante religieuse avec des yeux qui se divisent à volonté en
quatre et de faux yeux peints sur la tête. Cette créature surprenante est
rapportée par Orner, mise en aquarium et filmée par Barsky. Elle vivra
plusieurs jours dans un joli décor avec de belles Doris.
Le ciel nous réserve autant de surprises que la mer. Une pluie de gros
insectes s’abat sur nous. Apparition d’une mouche monstrueuse, noire,
ignoble qui épouvante le Docteur.
Nous arrivons à Mombassa le 5 mai, juste avant que la mousson ne se
déclenche. Mais il faut faire vite. J’ai des souvenirs pénibles de l’Océan
Indien à cette époque. Si la mousson arrive, nous ne pourrons plus travailler.
Il faut gagner la Mer Rouge, le plus tôt possible. La Calypso aussi a de
mauvais souvenirs. Par deux fois, en 1954 et en 1955, nous avons été
secoués d’une façon sérieuse pour être restés juste un peu trop longtemps
au voisinage des Seychelles. Aller des Seychelles au Cap Gardafuy avait
loin, font passer les câbles. Raymond et Amaddio en tuba et en surface
assurent la liaison avec la Calypso. En plus évoluent, Gilles le metteur en
scène, Deloire maniant la 9 mm avec un spot de 350 watts autonome, Didi
avec la caméra TGA et Laban avec l’appareil photo. Au total 14 hommes
à la fois, dans la nuit, à la mer. Première grande mise en scène de la
croisière, première réussite totale confirmée par les bouts d’essai développés
à bord.
Lutte de vitesse
Le 29 avril, nous nous arrêtons à Pemba, l’île voisine de Zanzibar.
Depuis le 18 mars, il y a plus d’un mois, nous ne marchons que sur un seul
moteur et notre vitesse ne dépasse guère 6 nœuds. Je veux voir s’il n’est
pas possible de changer l’arbre porte-hélice en faisant uniquement appel
aux plongeurs. Je sais bien que nous ne trouverons l’arbre de rechange qu’à
Mombassa, mais je veux au moins me rendre compte si les plongeurs peuvent
sortir les deux morceaux de l’arbre cassé sans créer de voie d’eau. Nous y
passons toute une journée de travail pour reconnaître finalement que la
tâche est impossible. Mais sous la coque les plongeurs découvrent des
poissons coffres à corne, d’extraordinaires étoiles de mer* grises et rouges
à piquants qu’on dirait sculptées dans du bois et peintes, des Holoturies
géantes et un crustacé vert de 10 à 12 centimètres de long, qui ressemble
un peu à une mante religieuse avec des yeux qui se divisent à volonté en
quatre et de faux yeux peints sur la tête. Cette créature surprenante est
rapportée par Orner, mise en aquarium et filmée par Barsky. Elle vivra
plusieurs jours dans un joli décor avec de belles Doris.
Le ciel nous réserve autant de surprises que la mer. Une pluie de gros
insectes s’abat sur nous. Apparition d’une mouche monstrueuse, noire,
ignoble qui épouvante le Docteur.
Nous arrivons à Mombassa le 5 mai, juste avant que la mousson ne se
déclenche. Mais il faut faire vite. J’ai des souvenirs pénibles de l’Océan
Indien à cette époque. Si la mousson arrive, nous ne pourrons plus travailler.
Il faut gagner la Mer Rouge, le plus tôt possible. La Calypso aussi a de
mauvais souvenirs. Par deux fois, en 1954 et en 1955, nous avons été
secoués d’une façon sérieuse pour être restés juste un peu trop longtemps
au voisinage des Seychelles. Aller des Seychelles au Cap Gardafuy avait
