UN OURAGAN A GUADALUPF 95
sont toujours totalement protégés par la législation mexicaine, et où il y a
des chances d’en trouver un assez grand nombre. Mon projet était de faire
vivre une équipe de plongeurs assez longtemps au milieu des éléphants de
mer. Elle aurait mission de les filmer d’aussi près que possible, à terre et
dans l’eau.
L’expédition fut préparée en quelques jours, et elle devait durer un peu
plus de deux semaines. C’est mon fils Philippe qui en eut la responsabilité,
et en assura l’organisation et le programme. Il fallait obtenir les autorisations
du gouvernement mexicain, acheter du matériel de campement, commander
de la pellicule, du ravitaillement, des accessoires très variés, allant de la
poignée de gros clous à la lampe tempête.
II fallait également un groupe électrogène, un compresseur pour
recharger les bouteilles d’air, des équipements de plongée, des caméras
sous-marines et des caméras ordinaires, des appareils photographiques, des
magnétophones.
L'île de Guadalupe n’est qu'un rocher sans aucune ressource. Il n’y
existe même pas de point d’eau. C’était là le problème le plus inquiétant.
Il fut résolu grâce à l’achat d’un nombre impressionnant de jerricans en
plastique.
Philippe eut l’excellente idée d’emporter des poules vivantes, le marchand les avait garanties bonnes pondeuses. Il fallut donc embarquer aussi
du grillage pour construire un poulailler.
Malheureusement, les poules furent tellement émues par leur voyage
en mer qu’elles réussirent tout juste à produire un œuf de temps en temps,
et elles subirent le sort réservé à toutes les mauvaises pondeuses : elles
finirent à la casserole.
Zodiac, lits de camp, bouteilles d’air comprimé, essence et même une
poêle à frire, qui avait failli être oubliée, furent embarqués à bord d’un
petit bâtiment, le Searcher, qui, en une nuit, devait conduire l’équipe de
San Diego à Guadalupe.
Installation
Au matin, l’île apparut, très haute, hostile, et elle semblait immense.
La mer était dure, le ciel encombré de nuages gris qui couraient vite d’est
en ouest. Tout le monde grelottait de froid, et le groupe se sentait un peu
faible face aux rochers abrupts, aux lames qui déferlaient, à la tâche à
accomplir.
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