LIBRES DANS LA MER 79
mon histoire d’otaries... L'atmosphère reste glacée. Mme W... et sa mère
entrent avec deux moutards. Enfin, je sors un exemplaire de mon bouquin
« Living Sea » et le dédicace aux deux gosses : « à Ricky et Randy ». Puis
je parle TV, film, et j’insiste pour que Mme W... paraisse dans le film.
C'est le dégel. On boit le whisky, nous récupérerons Christobald, et l’ami
de Mme W..., la larme à l’œil, me donne une note de 196 dollars pour ses
frais.
J’accepte. Rendez-vous est pris pour demain matin au Yacht-Club,
puis, l’après-midi, nous allons à la villa de Mme W... prendre Christobald.
Raymond Coll est indigné, parce que la fameuse piscine de Mme W... n’est
qu’un « petit bassin gonflable pour bébé ». L’espèce de courette où on a
consigné l’otarie avec sa « piscine » est couverte d’excréments.
Retour de l’enfant prodigue
Mme W... veut nous prouver que Christobald ressent une vive affection
pour elle.
— Regardez, dit-elle, comme il est devenu amical.
Elle s’approche pour le caresser. Christobald lui mord aussitôt la main.
Les dents sont profondément enfoncées. Nous lui faisons lâcher prise. Mais
c’est un drame. Cris, gémissements, simulacre d’évanouissement. Il faut
désinfecter et panser la blessure.
Enfin, nous partons pour gagner l’autre bout de la ville, en un convoi
de cinq voitures : dans la première, le reporter et le photographe du San Juan
Star ; dans la seconde, Eugène Lagorio et moi ; dans la troisième, John Soh,
Deloire et Agostini devant, Coll et Christobald derrière ; dans la quatrième,
Mme W.., sa mère, son Jules et les deux mômes. Dans un camion, le pêcheur
et un camarade. Défilé ininterrompu, on se perd, on se retrouve à l’arrivée
(45 minutes plus tard). Christobald a eu la colique dans la voiture louée, et
Coll est couvert de crottes de la tête aux pieds. L’odeur est pestilentielle,
Agostini en a vomi par la fenêtre de la voiture... Photos et film en direct,
synchro. Mme W... roucoule.
Puis, retour triomphal de Christobald à bord, vers 18 heures. Il retrouve
Pepito et... ils s’embrassent !
Une grande fête se déroule sur la Calypso, pour le retour de l'enfant
prodigue. Pepito et Zoom accueillent avec joie le transfuge. Raymond,
notre cuisinier, a préparé un banquet au carré, et le plat de résistance est
constitué par du calmar à la provençale que Christobald mange au milieu
de nous, non sans provoquer un certain désordre.
mon histoire d’otaries... L'atmosphère reste glacée. Mme W... et sa mère
entrent avec deux moutards. Enfin, je sors un exemplaire de mon bouquin
« Living Sea » et le dédicace aux deux gosses : « à Ricky et Randy ». Puis
je parle TV, film, et j’insiste pour que Mme W... paraisse dans le film.
C'est le dégel. On boit le whisky, nous récupérerons Christobald, et l’ami
de Mme W..., la larme à l’œil, me donne une note de 196 dollars pour ses
frais.
J’accepte. Rendez-vous est pris pour demain matin au Yacht-Club,
puis, l’après-midi, nous allons à la villa de Mme W... prendre Christobald.
Raymond Coll est indigné, parce que la fameuse piscine de Mme W... n’est
qu’un « petit bassin gonflable pour bébé ». L’espèce de courette où on a
consigné l’otarie avec sa « piscine » est couverte d’excréments.
Retour de l’enfant prodigue
Mme W... veut nous prouver que Christobald ressent une vive affection
pour elle.
— Regardez, dit-elle, comme il est devenu amical.
Elle s’approche pour le caresser. Christobald lui mord aussitôt la main.
Les dents sont profondément enfoncées. Nous lui faisons lâcher prise. Mais
c’est un drame. Cris, gémissements, simulacre d’évanouissement. Il faut
désinfecter et panser la blessure.
Enfin, nous partons pour gagner l’autre bout de la ville, en un convoi
de cinq voitures : dans la première, le reporter et le photographe du San Juan
Star ; dans la seconde, Eugène Lagorio et moi ; dans la troisième, John Soh,
Deloire et Agostini devant, Coll et Christobald derrière ; dans la quatrième,
Mme W.., sa mère, son Jules et les deux mômes. Dans un camion, le pêcheur
et un camarade. Défilé ininterrompu, on se perd, on se retrouve à l’arrivée
(45 minutes plus tard). Christobald a eu la colique dans la voiture louée, et
Coll est couvert de crottes de la tête aux pieds. L’odeur est pestilentielle,
Agostini en a vomi par la fenêtre de la voiture... Photos et film en direct,
synchro. Mme W... roucoule.
Puis, retour triomphal de Christobald à bord, vers 18 heures. Il retrouve
Pepito et... ils s’embrassent !
Une grande fête se déroule sur la Calypso, pour le retour de l'enfant
prodigue. Pepito et Zoom accueillent avec joie le transfuge. Raymond,
notre cuisinier, a préparé un banquet au carré, et le plat de résistance est
constitué par du calmar à la provençale que Christobald mange au milieu
de nous, non sans provoquer un certain désordre.
