LIBRES DANS LA MER 67
Pendant quatre jours, les 12, 13, 14 et 15, Pepito et Christobald font
1 objet d un entraînement progressif qui nous laisse bien augurer de leur
docilité dans la mer. Ils apprennent à vivre avec leurs amis dans l’eau, à
rester auprès d’eux, à venir sur un simple signe. Autant d’épreuves qui
auraient comporté bien des risques si nous les avions tentées au large. Pour
la première fois, Pepito et Christobald peuvent s’ébattre dans un bassin
suffisamment grand, et ils découvrent que leurs compagnons, équipés du
scaphandre autonome, peuvent rester longtemps dans l’eau, et s’y montrer
presque aussi à l’aise qu’eux, bien qu’ils soient moins rapides.
Falco parvient à faire manger Pepito et Christobald au fond de la
piscine. Il plonge, attend qu’ils viennent près de lui, et leur offre des
morceaux de calmar. L’apprivoisement sous l’eau est presque réalisé.
Le 16 mai, nouvelle scène dramatique pour ramener, en auto, Pepito
et Christobald à bord de la Calypso. Christobald, on ne sait trop comment,
réussit à passer la moitié du corps par une fenêtre ouverte. Il faut stopper
en catastrophe pour qu’il n’aille pas s’écraser par terre. Sumian le rattrape
en voltige et le pousse sur les genoux de Bébert qui l’immobilise. Ainsi
maîtrisé, il fait une vraie colère : une « rage » d’enfant. C’est toujours la
circulation dans la ville qui les affole. Tant d’émotions ont provoqué chez
les otaries une débâcle intestinale dont Bébert, Sumian et l’auto portent les
marques. Désormais, à Porto Rico, on refusera de nous louer des voitures.
Sur la plage
Le lendemain, lorsque tout le monde a été un peu remis de tant
d’émotions, la Calypso sort du port de San Juan, et nous cherchons une
plage déserte pour poursuivre nos expériences. Nous trouvons, à peu de
distance de Porto Rico, une baie bordée de sable blanc et qui semble
inhabitée.
C’est notre première tentative de débarquement. Toute l’équipe a réussi
à installer les otaries, chacune sur l’avant des chalands. Toutes deux portent
leur harnais et sont tenues en laisse.
En approchant de la côte, Pepito et Christobald montrent une grande
agitation. Coll réussit à calmer Pepito, mais Christobald est pris, une fois
de plus, d’une colère terrible. A l’instant où le chaland touche le sable de
la plage, il réussit, en se débattant, à sauter dans l’eau. Impossible de le
retenir avec la laisse, il se bat comme un lion. Il faut le saisir, l’immobiliser
dans le sable et le ramener sur la Calypso.
Précédent

- 68/307

Suivant