66 COMPAGNONS DE PLONGEE
Christobald s’assied maintenant sur les genoux de Michel Bernard,
Pepito suit Raymond Coll toute la journée, regardant avec admiration tout
ce qu’il fait, et attendant qu'il lui parle.
Raymond Coll qui est — c’est bien connu — l’homme le plus taciturne
du bord, se livre à un monologue incessant, que Pepito paraît comprendre.
Mais, de temps à autre, celui-ci se fait rabrouer pour sa mauvaise tenue, ou
simplement parce « qu'il est toujours dans les jambes ».
Qui eut cru, il y a trois mois à Seal Island, que les otaries qui fuyaient
éperdument devant les hommes, deviendraient gênantes, à force de familiarité ?
Le 9 mai, Falco et son équipe, qui étaient en mission dans une île des
Caraïbes, rallient la Calypso par avion à San Juan de Porto Rico.
Nous cherchons un bassin assez grand. En effet, avant de lâcher Pepito
et Christobald dans la mer, il serait prudent d’effectuer à terre, dans un
bassin, une première répétition du ballet sous-marin « Otaries et plongeurs ».
Nous finissons par rencontrer une dame très aimable qui a, dans son
jardin, une magnifique piscine qu’elle veut bien mettre à notre disposition.
Elle ne formule qu’une condition : elle demande à participer à tout, au
transport, à la baignade, au tournage. « Elle adore les otaries. »
Nous profitons de ses bonnes dispositions. Nous louons une station
wagon. Nous y embarquons les otaries. La dame monte aussi, et, sous un
soleil torride, nous traversons Porto Rico.
Pepito, énervé par l’agitation et par le bruit, prétend s’installer sur
Yves Orner, qui conduit. Celui-ci n’a que le temps de ranger la voiture sur
le bas-côté, tandis que Falco et Sumian immobilisent Pepito qui fait mine
de mordre. La dame, épouvantée, saute à terre et laisse la portière ouverte.
Christobald ne manque pas une aussi belle occasion, et le voilà sur la route.
Il s’arrête heureusement, un peu décontenancé. Sumian met à profit cet
instant d’hésitation pour le saisir par les pattes arrière et le ramener dans
l’auto. La dame a fui, préférant rejoindre sa voiture et son chauffeur.
Heureusement, nous avons acheté au supermarché de San Juan tous
les calmars disponibles. Avec ces calmars coupés en morceaux, on fait faire
aux otaries à peu près tout ce qu’on veut. C’est grâce à cela que nous les
avons fait monter dans la voiture et nous les avons fait descendre dans le
jardin de la dame. En marchant dans les allées, elles suivent Falco et dès
qu’elles aperçoivent la piscine très bleue, elles s’y jettent, en soulevant une
gerbe d’eau.
Cette pièce d’eau nous rend de bien grands services, et la dame, qui a
oublié sa mésaventure, est la meilleure des hôtesses pour les otaries et pour
les plongeurs.
Christobald s’assied maintenant sur les genoux de Michel Bernard,
Pepito suit Raymond Coll toute la journée, regardant avec admiration tout
ce qu’il fait, et attendant qu'il lui parle.
Raymond Coll qui est — c’est bien connu — l’homme le plus taciturne
du bord, se livre à un monologue incessant, que Pepito paraît comprendre.
Mais, de temps à autre, celui-ci se fait rabrouer pour sa mauvaise tenue, ou
simplement parce « qu'il est toujours dans les jambes ».
Qui eut cru, il y a trois mois à Seal Island, que les otaries qui fuyaient
éperdument devant les hommes, deviendraient gênantes, à force de familiarité ?
Le 9 mai, Falco et son équipe, qui étaient en mission dans une île des
Caraïbes, rallient la Calypso par avion à San Juan de Porto Rico.
Nous cherchons un bassin assez grand. En effet, avant de lâcher Pepito
et Christobald dans la mer, il serait prudent d’effectuer à terre, dans un
bassin, une première répétition du ballet sous-marin « Otaries et plongeurs ».
Nous finissons par rencontrer une dame très aimable qui a, dans son
jardin, une magnifique piscine qu’elle veut bien mettre à notre disposition.
Elle ne formule qu’une condition : elle demande à participer à tout, au
transport, à la baignade, au tournage. « Elle adore les otaries. »
Nous profitons de ses bonnes dispositions. Nous louons une station
wagon. Nous y embarquons les otaries. La dame monte aussi, et, sous un
soleil torride, nous traversons Porto Rico.
Pepito, énervé par l’agitation et par le bruit, prétend s’installer sur
Yves Orner, qui conduit. Celui-ci n’a que le temps de ranger la voiture sur
le bas-côté, tandis que Falco et Sumian immobilisent Pepito qui fait mine
de mordre. La dame, épouvantée, saute à terre et laisse la portière ouverte.
Christobald ne manque pas une aussi belle occasion, et le voilà sur la route.
Il s’arrête heureusement, un peu décontenancé. Sumian met à profit cet
instant d’hésitation pour le saisir par les pattes arrière et le ramener dans
l’auto. La dame a fui, préférant rejoindre sa voiture et son chauffeur.
Heureusement, nous avons acheté au supermarché de San Juan tous
les calmars disponibles. Avec ces calmars coupés en morceaux, on fait faire
aux otaries à peu près tout ce qu’on veut. C’est grâce à cela que nous les
avons fait monter dans la voiture et nous les avons fait descendre dans le
jardin de la dame. En marchant dans les allées, elles suivent Falco et dès
qu’elles aperçoivent la piscine très bleue, elles s’y jettent, en soulevant une
gerbe d’eau.
Cette pièce d’eau nous rend de bien grands services, et la dame, qui a
oublié sa mésaventure, est la meilleure des hôtesses pour les otaries et pour
les plongeurs.
