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le voyage inattendu
GRÈVE DE LA FAIM — PREMIER RENDEZ-VOUS — SAINTE-HÉLÈNE
UNE PÊCHE MIRACULEUSE — LIBERTÉ SURVEILLÉE
UNE ILE STRATÉGIQUE — PROMENADE EN LAISSE
Nous avons quitté Capetown depuis deux jours. Le temps est beau.
J’espère que nous arriverons au Brésil, puis dans les Caraïbes vers le milieu
d’avril.
Les deux otaries s’accoutument peu à peu à leur existence au milieu
des hommes, sur un bateau où il n’y a guère de place. Mais, je veux leur
fournir les meilleures conditions de vie possible.
En liberté, les otaries passent près de 80 % de leur vie dans la mer.
Aussi, entreprenons-nous de construire une véritable piscine en contreplaqué,
recouverte d’un tissu plastique bleu. Après le départ du Cap, c’était le
panneau de cale arrière qui avait été tendu d’un filet tout autour. Trois
constructions nouvelles recouvertes de toile bâchée leur donnent plus
d’espace. Je fais établir une circulation d’eau de mer dans la piscine, car
je redoute, pour nos amies, la dessication et la chaleur.
Nous craignons qu’elles ne se prennent dans les mailles des filets, et
je veux qu’elles soient surveillées en permanence jour et nuit. Aussi, une
caméra de télévision est-elle installée au-dessus de leur bassin. Je suis également inquiet parce que le roulis est assez fort. Il risque, à tout instant, de
vicier leur piscine ou de les plaquer contre les filets.
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