40 COMPAGNONS DE PLONGEE
les spectateurs se permettent-ils de rire, sans méchanceté, de leurs mésaventures. Il est évident que les otaries, dans leurs évolutions, apparaissent
très supérieures aux hommes. Elles ont vite fait de se dérober, tandis que
nos camarades, pourtant habitués à sauter de rocher en rocher, sont le plus
souvent par terre, victimes des algues glissantes. Les otaries opposent une
vigoureuse résistance. Avec leurs 30 kg de muscles et leurs dents pointues,
ce sont des adversaires redoutables, mais nous ne les aurions pas cru si
agiles.
Finalement, c’est Dominique Sumian qui met au point la bonne
tactique. Il étend ses grands bras et attrape une otarie par-derrière en
saisissant vigoureusement ses membres inférieurs. Aussitôt, Raymond Coll
lance le filet. L’animal est immobilisé, accroché à la perche, et suspendu
au va-et-vient. Le chaland l’emmène sur la Calypso où l’otarie est placée
provisoirement dans la deuxième cage antirequins.
Nous en avons désormais deux à bord.
Pas pour longtemps. Dans la nuit, l’une d'elles s’échappe. René, qui
prend une douche l’aperçoit déambulant sur la plage arrière. Il se précipite
tout nu. Trop tard ! L’otarie saute à l’eau.
Il faudra repartir à la chasse demain, ce qui n’enchante personne. Nous
mettrons un filet autour des cages.
Le 15, un nouveau commando débarque sur l’île, la technique est
maintenant au point. Sumian plaque presque tout de suite son otarie, qui
est ficelée, accrochée au va-et-vient. A son arrivée à bord de la Calypso,
nous n’osons pas encore la mettre en présence de notre première capture.
La brouette
Nous n’en avons d’ailleurs pas le temps. Nous avons à essayer un
nouvel engin mis au point par le commandant Alinat et que les plongeurs
appellent irrévérencieusement « la brouette ». C’est un traîneau auquel est
fixée une caméra. Il est tracté par un chaland. Il doit permettre de faire
des prises de vues de baleines en déplacement. L’engin exige quelques
modifications, car lorsqu’on agit sur le gouvernail de direction, il se vrille
dans l’eau et le plongeur tourne en même temps que lui.
Nous regagnons C apetown. Nous sommes très inquiets pour nos deux
otaries qui ont refusé toute nourriture. Elles ont pourtant l’air d’aller bien.
C e sont deux jeunes, probablement deux mâles. L’un est grisâtre, l'autre
plus roux. Les deux animaux semblent maintenant à peu près résignés à
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