38 COMPAGNONS DE PLONGEE
Les plongeurs glissent, tombent. Il faut ramasser le matériel, le transporter,
remonter dans les chalands et les zodiacs. Tout cela est acrobatique.
Enfin, l’otarie est à bord où on la délivre, on la réconforte, on la
caresse, et on la place dans une des cages antirequins. Elle a tout de même
l’air un peu secouée.
13 mars. A huit heures, un nouveau commando débarque dans l’île
au même endroit que la veille. Le vent de sud-est souffle violemment. Il y
a du soleil.
La houle est toujours très forte, mais personne ne se blesse en prenant
terre. Dans les cinq minutes qui suivent, Sumian se fait encore mordre par
une otarie dont il ne s’est pas méfié, et Bébert s’allonge à plat ventre dans
une flaque d’urine.
Malgré le ressac, une équipe tente de filmer les otaries en plongée.
Elles sont maintenant plus nombreuses dans l’eau que sur l’île. Mais elles
sont encore plus difficiles à approcher dans la mer que sur terre. C’est en
vain que nos camarades leur offrent des poissons vivants. Elles sont curieuses,
mais prudentes, elles ne viennent jamais manger dans la main.
Vie de famille
Les mères passent parfois plusieurs jours dans l’eau pour se nourrir et
ne reviennent à terre que pour donner à téter. Les jeunes doivent avoir
environ deux mois et les piscines intérieures de l’île, les trous d’eau, sont
parsemés de petits points noirs qui sont leur tête. Une belle densité.
C’est le docteur Millet qui s’est chargé d’observer la vie des otaries
sur leur île.
— Quand on s’approche des piscines où sont les petits, dit-il, les
mères partent. Il y a environ 150 à 200 petits par trou d’eau, par conséquent.
Les portées de nombreuses mères sont donc réunies. C’est la nursery. Mais
je crois que certaines femelles gardent auprès d’elles leur petit. Est-ce parce
qu’il est faible ou parce qu’elles sont plus aimantes ? Je ne sais pas.
« Je peux, avec les plongeurs, observer ces petits : ils mènent une vie
difficile au milieu de 1 agitation entretenue par le harem des adultes. Ils
naissent les yeux ouverts et ils ont déjà leur fourrure. Us tètent à intervalles
irréguliers, avalant jusqu à cinq litres de lait maternel à chaque prise.
Pendant les intervalles qui séparent la tétée, ils s’entraînent seuls à nager
d’abord dans les flaques d’eau laissées par la marée, puis dans la mer.
Précédent

- 39/307

Suivant