DES FOUS. DES MANCHOTS ET DES OTARIES 33
cerveau est plus grand que celui du chien, mais plus petit que celui du
marsouin.
Ce que l’on sait sur elles est déjà passionnant. Chaque année, elles
parcourent dans l’océan de longues distances, pour revenir au lieu de leur
naissance. Les grands mâles, qui peuvent dépasser 300 kg, se constituent
des harems parfois extrêmement nombreux, et se montrent agressifs. Ce
sont les « maîtres de la plage » : les femelles s’accouplent avec eux, aussitôt
après avoir donné naissance à un seul petit, d’un poids de 5 à 6 kg, et qui
a été conçu l’année précédente.
Malheureusement, notre étude des otaries à fourrure du Cap ne peut
pas se prolonger aussi longtemps que je l’aurais souhaité. La Calypso,
l’équipe et moi-même, sommes sans cesse talonnés par un programme
surchargé.
D’autres travaux nous attendent en Amérique. Nous devons ouvrir un
chantier d’archéologie sous-marine aux Caraïbes, au milieu d’un banc de
corail, ce qui ne s’est jamais fait (1). Nous devons, aussi, plonger dans le
lac Titicaca (2), à 4 000 mètres dans les Andes, pour étudier la physiologie
de la plongée en haute altitude, sans compter cinq ou six autres projets de
travaux et de films.
Je ne me soucie guère de voir la Calypso traverser l’Atlantique en
pleine saison des tempêtes. Je tiens à ménager les hommes et le matériel.
D’autre part, tout le monde est navré de perdre si rapidement contact avec
les otaries, pour lesquelles l’équipe se sent déjà beaucoup de sympathie.
Que faire ? Je ne vois pas d’autre solution que d’en capturer une ou deux
que nous garderons à bord. Nous pourrons les observer tout à loisir, et
l’expérience promet d’être passionnante. C’est tout de même une décision
que je prends bien à regret. Je n’aime pas enlever des mammifères marins,
si épris de liberté, si actifs dans l’eau, à leur milieu naturel. D’ailleurs, la
captivité des animaux, quels qu’ils soient, nous attriste toujours, et, plus
encore, le dressage, le conditionnement trop souvent mis en œuvre et qui
aboutit à en faire des animaux de cirque.
Ce qui m’intéresse passionnément dans cette expérience, c’est de savoir
s’il est possible d’habituer des otaries à la présence humaine, au point
qu’elles accompagnent librement des plongeurs dans les profondeurs de la
mer comme un chien accompagne son maître dans une promenade en forêt.
(1) Voir J.-Y. Cousteau et Ph. Diolé. Un trésor englouti.
(2) Voir J.-Y. Cousteau et Ph. Diolé, Trois aventures de la Calypso.
cerveau est plus grand que celui du chien, mais plus petit que celui du
marsouin.
Ce que l’on sait sur elles est déjà passionnant. Chaque année, elles
parcourent dans l’océan de longues distances, pour revenir au lieu de leur
naissance. Les grands mâles, qui peuvent dépasser 300 kg, se constituent
des harems parfois extrêmement nombreux, et se montrent agressifs. Ce
sont les « maîtres de la plage » : les femelles s’accouplent avec eux, aussitôt
après avoir donné naissance à un seul petit, d’un poids de 5 à 6 kg, et qui
a été conçu l’année précédente.
Malheureusement, notre étude des otaries à fourrure du Cap ne peut
pas se prolonger aussi longtemps que je l’aurais souhaité. La Calypso,
l’équipe et moi-même, sommes sans cesse talonnés par un programme
surchargé.
D’autres travaux nous attendent en Amérique. Nous devons ouvrir un
chantier d’archéologie sous-marine aux Caraïbes, au milieu d’un banc de
corail, ce qui ne s’est jamais fait (1). Nous devons, aussi, plonger dans le
lac Titicaca (2), à 4 000 mètres dans les Andes, pour étudier la physiologie
de la plongée en haute altitude, sans compter cinq ou six autres projets de
travaux et de films.
Je ne me soucie guère de voir la Calypso traverser l’Atlantique en
pleine saison des tempêtes. Je tiens à ménager les hommes et le matériel.
D’autre part, tout le monde est navré de perdre si rapidement contact avec
les otaries, pour lesquelles l’équipe se sent déjà beaucoup de sympathie.
Que faire ? Je ne vois pas d’autre solution que d’en capturer une ou deux
que nous garderons à bord. Nous pourrons les observer tout à loisir, et
l’expérience promet d’être passionnante. C’est tout de même une décision
que je prends bien à regret. Je n’aime pas enlever des mammifères marins,
si épris de liberté, si actifs dans l’eau, à leur milieu naturel. D’ailleurs, la
captivité des animaux, quels qu’ils soient, nous attriste toujours, et, plus
encore, le dressage, le conditionnement trop souvent mis en œuvre et qui
aboutit à en faire des animaux de cirque.
Ce qui m’intéresse passionnément dans cette expérience, c’est de savoir
s’il est possible d’habituer des otaries à la présence humaine, au point
qu’elles accompagnent librement des plongeurs dans les profondeurs de la
mer comme un chien accompagne son maître dans une promenade en forêt.
(1) Voir J.-Y. Cousteau et Ph. Diolé. Un trésor englouti.
(2) Voir J.-Y. Cousteau et Ph. Diolé, Trois aventures de la Calypso.
