30 COMPAGNONS DE PLONGEE
d’eau. Le chaland de Bébert se retourne entièrement. Tous les occupants
sont éjectés et barbotent ici et là. Les deux groupes électrogènes, destinés
à alimenter les lampes pour le cinéma, sont tombés au fond. On ne les voit
même pas au milieu des kelps.
Bonnici est le seul à avoir tenu bon dans son chaland, en s’agrippant
tant qu’il pouvait. Ses compagnons sont à l’eau. Les palmes, les masques,
les habits flottent alentour. Les bouteilles des scaphandres ont coulé.
C’est un coup dur, mais à bord de la Calypso on a vu le naufrage et
une équipe de secours part aussitôt. Le désastre est assez vite réparé. Le
fond est à une douzaine de mètres, et en deux heures tout le matériel est
repéré au milieu des kelps et remonté. Mais, étant donné l’état de la mer,
c’est un dur travail. Tout le monde dormira bien cette nuit. Le chef mécanicien démonte tout de suite les moteurs hors-bord ; les engins remis en état
tournent le soir même. Marcelin et Jouas commencent à réviser les groupes
électrogènes : le travail sera plus long. Décidément, il faut savoir tout faire
à bord de la Calypso.
Rencontre à 90 mètres
Pendant tous les jours qui suivent, le temps détestable, la mer très
houleuse nous empêchent de travailler efficacement. D’ailleurs, le naufrage
des deux chalands nous a servi de leçon : ici, il ne faut pas trop braver le
mauvais temps.
Ce n’est que le 10 mars que nous pouvons mettre une « puce » à l’eau,
en tentant de nous abriter dans Sandy Bay.
Vers 13 heures, Bébert prend les commandes et referme le capot sur
lui, mais une forte houle du sud-ouest gêne terriblement les manœuvres.
D'ailleurs, l’eau est trouble et les fonds assez faibles.
La Calypso récupère la puce et appareille pour gagner les fonds de
100 mètres.
En fin de journée, la mer semble se calmer un peu. La puce est remise
à l’eau, toujours avec Falco à bord. L’eau est toujours trouble, chargée de
particules en suspension que Bébert appelle de la « soupe », et qui font
l’effet du brouillard devant les phares.
Il n y a pas de poisson. Au fond, quelques éponges et quelques
hydraires. Une otarie vient avec curiosité faire le tour de la soucoupe à
90 mètres de profondeur. Ce n’est pas la première fois qu’elles viennent,
soit isolées, soit en groupe rendre visite aux soucoupes plongeantes. Elles
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