26 COMPAGNONS DE PLONGEE
mères qui peuvent prendre peur pour leurs petits, et se jeter sur les plongeurs. Leurs dents sont redoutables.
Le maniement des cages, par mauvais temps, n’est pas facile, leur mise
à l'eau par les chalands demande plus d’une demi-heure. Michel s’installe
dans l'une d'elles et commence à filmer sous l’eau, mais comme aucune
otarie ne se montre agressive en plongée, il sort de la cage et filme en
pleine eau, sans protection. Tout va bien, les otaries l’entourent, le flairent,
curieuses, mais tout de même méfiantes. Au moindre geste, elles s’éloignent.
C’est en vain que les plongeurs leur offrent des poissons vivants, pêchés
spécialement pour elles. Elles ne viennent pas manger dans la main, même
si on leur tend un maquereau.
Cette première rencontre avec les otaries, en plongée, n’est qu’un demisuccès. Aucune familiarité ne s’est établie dans la mer, entre elles et les
hommes. De plus, au milieu des kelps, l’eau est trouble.
Pendant que Deloire tente de réaliser une séquence sous-marine, Goupil
débarque sur l’île, et a la chance de découvrir un petit très occupé à téter
sa mère. Il réussit à s’en approcher sans donner l’éveil, et il filme la scène
pendant un bon moment.
Nous sommes tout à fait conquis par les otaries et nous ne nous lassons
pas d’admirer leurs postures à terre et leur merveilleuse souplesse dans l’eau.
Il est seulement regrettable que leur habitat sente si mauvais. A certains
moments, l'odeur est véritablement écœurante.
Le 1er mars, le vent souffle avec violence. Nous avons encore la chance
de filmer, avec le zodiac, des otaries qui se mettent à l’eau toutes ensemble.
Il y en a certainement plus d’une cinquantaine. Mais la mer devient très
forte et il faut récupérer le zodiac en catastrophe. Le travail est impossible.
Nous nous réfugions, une fois de plus, à Capetown. Il est 16 h 30.
Le 2, nous sommes immobilisés à Capetown. Des otaries se promènent
dans le port. Leur présence nous apparaît comme un reproche ; elles viennent
nous faire honte et nous relancer. Nous sortons, doublons le cap des
Aiguilles. Le vent souffle à 40 nœuds, nous rentrons.
Le 3, nous appareillons pour faire des essais d’étanchéité de nos sousmarins miniatures et aussi du cinéma sous-marin dans les grandes algues.
Nous nous dirigeons d’abord sur False Bay, mais nous nous arrêtons
auparavant dans une anse qui nous abrite du vent et des lames.
Nous filmons nos plongeurs dans les kelps, nous apercevons des petites
langoustes, accrochées aux algues. L’eau est glacée.
— Elle est aussi froide que celle à laquelle nous avions eu droit pour
Précontinent III*, dit Bonnici.
Mise à l'eau des puces par fond de 100 mètres. Tout va bien.
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