ANIMAUX DE COMPAGNIE 255
hensifs et les plus amicaux. Malgré toutes les études qui ont été faites au
cours de ces vingt dernières années, nous sommes encore bien loin de tout
savoir sur eux. Ce qu’on connaît le mieux, c’est leur comportement dans
les zoos et les marinelands. Mais il s’agit d’animaux en captivité et plus
ou moins déformés par la vie qu’on leur impose. Il en va de même des
dauphins soumis à des expériences dans des laboratoires. Autrement plus
passionnante me paraît la vie des dauphins libres dans la mer. Peut-il exister
une affection pour des animaux dont on ne respecte pas d’abord la liberté ?
Les sentiments à l’égard du monde vivant qui nous environne ont
commencé à évoluer et plus rien n’arrêtera cette évolution, si lente qu’elle
soit. L’attachement et le respect pour les animaux y tiennent une place
de plus en plus grande. Historiquement, tous nos rapports avec eux passaient
toujours par la mort, qu’ils soient tués à la chasse ou conduits à l’abattoir.
Les animaux de compagnie comptaient bien peu d’espèces en dehors des
chiens et des chats.
Pourtant, il n’est guère d'animal qui ne puisse devenir un ami : aussi
bien l’orque faussement réputé « féroce » que le lion.
Encore faut-il que la terre ne soit pas dépeuplée avant que ces sentiments d’amitié aient gagné le cœur des hommes.
La chasse — cette forme sanguinaire de l’amour — a parfois été moins
dévastatrice que ne l’est aujourd’hui la pollution ou la surpopulation.
C’est bien pourquoi le rapprochement entre l’homme et les mammifères
marins ne dépend pas de quelques expériences plus ou moins réussies. Il est
subordonné à tout un ensemble de conditions concernant à la fois le progrès
de notre pénétration dans le monde des eaux et le respect que nous lui
portons.
Lier amitié avec des otaries, des dauphins et des orques ne signifie
rien si dans le même temps nous ne leur laissons sur les côtes et sur les
îles aucun refuge, aucune paix. Tenter de les comprendre et de se faire
comprendre d’eux est une prétention vaine et absurde si au même moment
nous les capturons pour en faire dans les marinelands des prisonniers et des
animaux de cirque.
Le monde vivant est un tout indispensable à l’équilibre de la planète
et à l’équilibre psychique de l’homme. On ne triche pas avec la vie : toute
solution au problème de l’environnement ne peut être que globale. Elle
sera à la fois scientifique, technique, législative, politique et internationale.
hensifs et les plus amicaux. Malgré toutes les études qui ont été faites au
cours de ces vingt dernières années, nous sommes encore bien loin de tout
savoir sur eux. Ce qu’on connaît le mieux, c’est leur comportement dans
les zoos et les marinelands. Mais il s’agit d’animaux en captivité et plus
ou moins déformés par la vie qu’on leur impose. Il en va de même des
dauphins soumis à des expériences dans des laboratoires. Autrement plus
passionnante me paraît la vie des dauphins libres dans la mer. Peut-il exister
une affection pour des animaux dont on ne respecte pas d’abord la liberté ?
Les sentiments à l’égard du monde vivant qui nous environne ont
commencé à évoluer et plus rien n’arrêtera cette évolution, si lente qu’elle
soit. L’attachement et le respect pour les animaux y tiennent une place
de plus en plus grande. Historiquement, tous nos rapports avec eux passaient
toujours par la mort, qu’ils soient tués à la chasse ou conduits à l’abattoir.
Les animaux de compagnie comptaient bien peu d’espèces en dehors des
chiens et des chats.
Pourtant, il n’est guère d'animal qui ne puisse devenir un ami : aussi
bien l’orque faussement réputé « féroce » que le lion.
Encore faut-il que la terre ne soit pas dépeuplée avant que ces sentiments d’amitié aient gagné le cœur des hommes.
La chasse — cette forme sanguinaire de l’amour — a parfois été moins
dévastatrice que ne l’est aujourd’hui la pollution ou la surpopulation.
C’est bien pourquoi le rapprochement entre l’homme et les mammifères
marins ne dépend pas de quelques expériences plus ou moins réussies. Il est
subordonné à tout un ensemble de conditions concernant à la fois le progrès
de notre pénétration dans le monde des eaux et le respect que nous lui
portons.
Lier amitié avec des otaries, des dauphins et des orques ne signifie
rien si dans le même temps nous ne leur laissons sur les côtes et sur les
îles aucun refuge, aucune paix. Tenter de les comprendre et de se faire
comprendre d’eux est une prétention vaine et absurde si au même moment
nous les capturons pour en faire dans les marinelands des prisonniers et des
animaux de cirque.
Le monde vivant est un tout indispensable à l’équilibre de la planète
et à l’équilibre psychique de l’homme. On ne triche pas avec la vie : toute
solution au problème de l’environnement ne peut être que globale. Elle
sera à la fois scientifique, technique, législative, politique et internationale.
