BURKE NOUS ADOPTE 241
Les tendons sont prélevés avec soin et serviront à faire des lanières et du fil.
Enfin, apparaissent les grands morceaux épais de viande noire qui, découpés
plus tard en plaques, seront séchés au soleil. Le cœur est prélevé : il est
énorme. Selon Slwooko il doit peser 8 à 10 kilos. Les intestins aussi seront
utilisés : vidés de leurs excréments jaunâtres, emplis de sang, ils deviendront
du boudin de morse ! Pour le moment, ils forment, au bord de l’eau, un tas
flasque, puant, d’où coule un liquide verdâtre.
La glace, immaculée l’instant d’avant, est souillée de déchets, de graisse,
d’huile. Les hommes pataugent dans une bouillie sanglante.
Mais comme aux temps révolus où la vie des Eskimos dépendait
entièrement de la rencontre des morses, de cette chair noire, de cet épais
lard blanc, une offrande rituelle a été faite par les chasseurs : avant de
commencer le dépeçage, ils ont jeté à la mer un morceau de peau et de
lard en témoignage de gratitude. Ils l’ont fait avec un sourire d’excuse,
hésitant entre leur souci de modernisme et leur fond superstitieux.
Une attaque
Décidément la puanteur est trop forte, et toute cette boucherie, si
justifiée qu’elle soit, soulève le cœur. Mieux vaut inspecter les alentours
Les tendons sont prélevés avec soin et serviront à faire des lanières et du fil.
Enfin, apparaissent les grands morceaux épais de viande noire qui, découpés
plus tard en plaques, seront séchés au soleil. Le cœur est prélevé : il est
énorme. Selon Slwooko il doit peser 8 à 10 kilos. Les intestins aussi seront
utilisés : vidés de leurs excréments jaunâtres, emplis de sang, ils deviendront
du boudin de morse ! Pour le moment, ils forment, au bord de l’eau, un tas
flasque, puant, d’où coule un liquide verdâtre.
La glace, immaculée l’instant d’avant, est souillée de déchets, de graisse,
d’huile. Les hommes pataugent dans une bouillie sanglante.
Mais comme aux temps révolus où la vie des Eskimos dépendait
entièrement de la rencontre des morses, de cette chair noire, de cet épais
lard blanc, une offrande rituelle a été faite par les chasseurs : avant de
commencer le dépeçage, ils ont jeté à la mer un morceau de peau et de
lard en témoignage de gratitude. Ils l’ont fait avec un sourire d’excuse,
hésitant entre leur souci de modernisme et leur fond superstitieux.
Une attaque
Décidément la puanteur est trop forte, et toute cette boucherie, si
justifiée qu’elle soit, soulève le cœur. Mieux vaut inspecter les alentours
