Une fois de plus il faut accomplir de difficiles manœuvres pour atteindre l’eau libre.
La migration des morses, leur passage devant Gambell sont brefs :
environ six semaines. Pendant ce court laps de temps, à cause de la violence
des tempêtes, les Eskimos ne peuvent guère chasser en moyenne qu’un jour
sur trois. Ils ne sont plus absolument contraints comme autrefois, de tuer
les morses pour se procurer la nourriture indispensable. Ils devaient vivre
jadis tout l’hiver sur les réserves de viande enfouies sous la glace. Ils comptent
encore en partie sur ces ressources alimentaires, mais ils sont régulièrement
ravitaillés par avion en produits américains.
Ce qui justifie actuellement la chasse, c’est la nécessité pour les Eskimos
de se procurer des peaux pour recouvrir leur oumiak. C’est ainsi que Vernon
nous a dit :
— Cette année, il me faut au moins six peaux.
Il s’agit, bien entendu, de la peau des femelles.
La peau des jeunes est également indispensable. On découpe dedans
une longue spirale qui, une fois travaillée, étirée, tressée fournira des
cordages extrêmement solides.
Dès le début de la saison, les habitants de Gambell sont donc obligés
de tuer des femelles et de sacrifier les petits alors que les gros mâles sont
épargnés.
Chasseurs de têtes
Plus meurtrière encore apparaît la chasse à l’ivoire. Pour les Eskimos
ravitaillés par avion le morse n’est plus l’animal providentiel qui les sauvait
de la famine. En revanche il est devenu une source de profits, la matière
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