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PLONGEE
fourrure, s’assurant une réserve de graisse pour passer les mauvais mois.
L’ours blanc, en été, parcourt inlàssablement le pack, tantôt marchant,
tantôt nageant à la recherche de proies. C’est un animal marin, à la différence
de tous ses congénères, et il peut ne jamais mettre la patte sur la terre ferme.
C’est un grand consommateur de phoques, mais c’est aussi, à l’occasion,
un mangeur de poissons. Aucun autre animal, dans l’Arctique, ne l’égale en
puissance, mais il ne s’en prend pas aux morses, et dans l’eau, il ne se
mesure pas avec eux. Probablement en raison de l’esprit de solidarité des
morses : l’ours court le risque d’avoir tout un groupe contre lui s’il en attaque
un seul.
La surprenante richesse zoologique de l’Arctique, où l’homme n’a pas
encore massacré et épouvanté les animaux, en fait non seulement le sujet
inépuisable d’études, mais le dernier sanctuaire de la vie animale, vaincue
partout ailleurs par la poussée humaine et le bouleversement des structures
planétaires.
Mais l’homme a déjà relevé ce qu’on a appelé « le défi polaire ». Des
villes se sont créés et des pionniers s’y sont installés pour exploiter au milieu
de la glace, d’autres richesses polaires que celles de la vie, le pétrole, le
cuivre, le fer sont déjà les plus grands ennemis des phoques, des morses et
des ours.
L’homme civilisé, avec son avidité, son incompréhension, ses machines,
est déjà implanté aux deux pôles ; il y a, hélas, de grandes chances pour
qu’il fasse subir aux animaux qui s’y trouvent, le sort qu’il a imposé à tous
les autres animaux de la planète : l’abêtissement ou la mort.
Je crois bien, que malgré tous les bouleversements apportés par « le
progrès », les Eskimos sont encore parmi les hommes les plus heureux qui
soient au monde. Ils sont, en tout cas, infiniment plus gais, plus courageux,
plus confiants que la plupart des civilisés et de presque toutes les populations
en voie de développement qui jouissent d’un climat pourtant beaucoup plus
clément que le leur. Cette bonne humeur continuelle, qui ressemble beaucoup
au bonheur, ils la doivent sans doute à un état d’esprit et à un mode de vie
dont nous avons perdu, depuis longtemps, le secret.
Ce dont je suis sûr, c’est que parmi tous les enfants du monde, il
n’en est pas de mieux choyé, dorloté et aimé que l’enfant eskimo. Il y a
certainement là une grande promesse pour l’avenir. Pendant longtemps, la
mortalité infantile a été très elevee, aussi les enfants sont-ils aujourd hui
pour les Eskimos, leur bien le plus précieux. C’est cette génération nouvelle
qui, conciliant l’éducation traditionnelle et l’instruction technique, saura
peut-être assurer avec sagesse l’accession d’un très vieux peuple à la vie
moderne.
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