226 COMPAGNONS DE PLONGEE
dans l’eau essaye-t-il de convaincre le plus vieux d’abandonner la partie, de
céder devant les hommes, et de regagner la mer où il serait invulnérable ?
Ou bien mettent-ils au point une tactique de combat ?
Nous regardons, fascinés. Le gros morse a relevé la tête et posé son
regard sur nous. L’autre rejoint ses camarades qui nagent à quelque dix
mètres de l’oumiak. Peut-être s’est-il acquitté d’une mission diplomatique,
mais sans doute a-t-elle échoué devant la détermination de l’aîné.
En tout cas, il s’est passé quelque chose entre ces cinq animaux,
quelque chose dont le sens nous échappe : une communication dont nous
n’avons pas la clef. Comme nous sommes gauches et pris au dépourvu lorsque
nous essayons de comprendre le comportement des animaux !
Solidarité
Les morses font preuve de solidarité. Les Eskimos savent qu’ils se
viennent en aide : lorsque l’un d’eux est blessé, les autres se rassemblent
autour de lui et attaquent souvent le chasseur.
Ce comportement très généreux est à l’origine de bien des massacres.
Les morses qui viennent au secours de leurs semblables, sont le plus souvent
tués à leur tour.
Tout à coup, les quatre morses qui étaient dans l’eau arrivent tous
ensemble, tête haute, défenses en avant, droit sur l’embarcation de Slwooko.
Il faut remettre en route le hors-bord, se dérober sans gloire. Nous connaissons la tactique des morses : ils mettent en général leurs défenses sur le platbord de l’oumiak et ils tirent. Les bateaux de peau ne résistent pas à ce
traitement. Et à quatre, les morses ont la partie belle. L’oumiak aurait été
mis en miettes et ses occupants se seraient retrouvés dans l’eau glacée.
Voyant que le bateau se dérobe, les quatre morses finalement plongent
laissant le gros père seul, toujours obstinément installé sur son radeau de
glace.
Plus rien ne nous empêchait de revenir avec l’oumiak vers le glaçon
et même d’y débarquer. Je prends alors un micro de transmetteur radio.
Notre ingénieur du son est resté dans l’embarcation, prêt à enregistrer tandis
que Philippe braque sa caméra. Je progresse sur le ventre vers le gros morse.
Je le fais peut-être avec une prudence excessive, mais il faut se souvenir
que nous nous trouvons sur un glaçon instable face à un animal de deux
tonnes ou deux tonnes et demie, beaucoup plus agressif qu’un éléphant de
mer.
dans l’eau essaye-t-il de convaincre le plus vieux d’abandonner la partie, de
céder devant les hommes, et de regagner la mer où il serait invulnérable ?
Ou bien mettent-ils au point une tactique de combat ?
Nous regardons, fascinés. Le gros morse a relevé la tête et posé son
regard sur nous. L’autre rejoint ses camarades qui nagent à quelque dix
mètres de l’oumiak. Peut-être s’est-il acquitté d’une mission diplomatique,
mais sans doute a-t-elle échoué devant la détermination de l’aîné.
En tout cas, il s’est passé quelque chose entre ces cinq animaux,
quelque chose dont le sens nous échappe : une communication dont nous
n’avons pas la clef. Comme nous sommes gauches et pris au dépourvu lorsque
nous essayons de comprendre le comportement des animaux !
Solidarité
Les morses font preuve de solidarité. Les Eskimos savent qu’ils se
viennent en aide : lorsque l’un d’eux est blessé, les autres se rassemblent
autour de lui et attaquent souvent le chasseur.
Ce comportement très généreux est à l’origine de bien des massacres.
Les morses qui viennent au secours de leurs semblables, sont le plus souvent
tués à leur tour.
Tout à coup, les quatre morses qui étaient dans l’eau arrivent tous
ensemble, tête haute, défenses en avant, droit sur l’embarcation de Slwooko.
Il faut remettre en route le hors-bord, se dérober sans gloire. Nous connaissons la tactique des morses : ils mettent en général leurs défenses sur le platbord de l’oumiak et ils tirent. Les bateaux de peau ne résistent pas à ce
traitement. Et à quatre, les morses ont la partie belle. L’oumiak aurait été
mis en miettes et ses occupants se seraient retrouvés dans l’eau glacée.
Voyant que le bateau se dérobe, les quatre morses finalement plongent
laissant le gros père seul, toujours obstinément installé sur son radeau de
glace.
Plus rien ne nous empêchait de revenir avec l’oumiak vers le glaçon
et même d’y débarquer. Je prends alors un micro de transmetteur radio.
Notre ingénieur du son est resté dans l’embarcation, prêt à enregistrer tandis
que Philippe braque sa caméra. Je progresse sur le ventre vers le gros morse.
Je le fais peut-être avec une prudence excessive, mais il faut se souvenir
que nous nous trouvons sur un glaçon instable face à un animal de deux
tonnes ou deux tonnes et demie, beaucoup plus agressif qu’un éléphant de
mer.
