et le gros père immobile qui nous regarde va probablement se mettre en
mouvement à son tour. Mais ce n’est pas vers nous que le nageur se dirige.
Sans hâte, il tourne vers la droite pour aboutir juste au-dessous du patriarche.
A ce moment-là, je me trouve assez près d’eux. Philippe réussit à se
placer pour filmer toute la scène sous un bon angle. Pas un bruit ne vient
de l’oumiak. Tout le monde observe le silence le plus total et attend. La
vie libre des animaux entre eux se déroule devant nous, comme un épisode
exceptionnel, presque miraculeux.
C’est à cet instant que le gros père, sortant de son immobilité, baisse
la tête vers son compagnon qui flotte devant lui. Les deux têtes rousses aux
narines dilatées se touchent. Les grosses moustaches s’effleurent. La peau
ridée des deux cous massifs ressemble à l’écorce d’un très vieil arbre... Que
se passe-t-il ? Que signifie ce dialogue ? Une fois de plus se dresse un mur
d’incompréhension entre les hommes et la vie animale. La tentation de
l’anthropomorphisme s’impose de nouveau. Si les deux morses se « parlent »
en se frôlant, en mêlant leurs vibrisses, que se « disent-ils » ? Celui qui est
mouvement à son tour. Mais ce n’est pas vers nous que le nageur se dirige.
Sans hâte, il tourne vers la droite pour aboutir juste au-dessous du patriarche.
A ce moment-là, je me trouve assez près d’eux. Philippe réussit à se
placer pour filmer toute la scène sous un bon angle. Pas un bruit ne vient
de l’oumiak. Tout le monde observe le silence le plus total et attend. La
vie libre des animaux entre eux se déroule devant nous, comme un épisode
exceptionnel, presque miraculeux.
C’est à cet instant que le gros père, sortant de son immobilité, baisse
la tête vers son compagnon qui flotte devant lui. Les deux têtes rousses aux
narines dilatées se touchent. Les grosses moustaches s’effleurent. La peau
ridée des deux cous massifs ressemble à l’écorce d’un très vieil arbre... Que
se passe-t-il ? Que signifie ce dialogue ? Une fois de plus se dresse un mur
d’incompréhension entre les hommes et la vie animale. La tentation de
l’anthropomorphisme s’impose de nouveau. Si les deux morses se « parlent »
en se frôlant, en mêlant leurs vibrisses, que se « disent-ils » ? Celui qui est
