Un artiste eskimo a dessiné sur cette peau une chasse au phoque.
bell. Il sauve la tradition, mais les Eskimos ne le regardent même pas. Le
traîneau n’est plus pour eux qu’un objet archaïque, comme un carrosse dans
un musée ou une vieille diligence de la ruée vers l’Ouest.
Et que deviennent les chiens, ces beaux huskies* à l’épaisse fourrure,
et dont le courage et l’endurance étaient légendaires ? Ils sont à peu près
abandonnés, et leur sort est triste. Ils traînent dans le village. Ils ne sont
presque jamais nourris. Ils mangent ce qu’ils trouvent dans les ordures.
Pourtant, les Eskimos ne se décident pas vraiment à les sacrifier et à les
laisser mourir de faim. Ils gardent les plus beaux attachés à l’extérieur de
leur maison, et ils leur donnent à manger. Mais ces chiens étaient faits pour
les longues courses dans la neige : ils hurlent souvent de tristesse et d’ennui.
Le plaisir d’acheter
Les Eskimos, pour prouver qu’ils sont de vrais civilisés, s’habillent
maintenant comme tout le monde. Ils achètent des vestes fourrées, et ils ne
mettent plus leurs parkas brodés qu’aux jours de fête. Une de leurs grandes
distractions est de choisir dans les catalogues qu’ils reçoivent, des objets
qu’ils commandent par correspondance.
Ils achètent ainsi, et se font expédier, des réfrigérateurs qui, dans ce
pays glacial, ne leur servent naturellement à rien. Ce sont pour eux de
simples armoires.
C’est une grande joie, pour un habitant de Gambell, de recevoir un
colis. Quand il le déballe, au beau milieu de la neige, tous les autres accou-
bell. Il sauve la tradition, mais les Eskimos ne le regardent même pas. Le
traîneau n’est plus pour eux qu’un objet archaïque, comme un carrosse dans
un musée ou une vieille diligence de la ruée vers l’Ouest.
Et que deviennent les chiens, ces beaux huskies* à l’épaisse fourrure,
et dont le courage et l’endurance étaient légendaires ? Ils sont à peu près
abandonnés, et leur sort est triste. Ils traînent dans le village. Ils ne sont
presque jamais nourris. Ils mangent ce qu’ils trouvent dans les ordures.
Pourtant, les Eskimos ne se décident pas vraiment à les sacrifier et à les
laisser mourir de faim. Ils gardent les plus beaux attachés à l’extérieur de
leur maison, et ils leur donnent à manger. Mais ces chiens étaient faits pour
les longues courses dans la neige : ils hurlent souvent de tristesse et d’ennui.
Le plaisir d’acheter
Les Eskimos, pour prouver qu’ils sont de vrais civilisés, s’habillent
maintenant comme tout le monde. Ils achètent des vestes fourrées, et ils ne
mettent plus leurs parkas brodés qu’aux jours de fête. Une de leurs grandes
distractions est de choisir dans les catalogues qu’ils reçoivent, des objets
qu’ils commandent par correspondance.
Ils achètent ainsi, et se font expédier, des réfrigérateurs qui, dans ce
pays glacial, ne leur servent naturellement à rien. Ce sont pour eux de
simples armoires.
C’est une grande joie, pour un habitant de Gambell, de recevoir un
colis. Quand il le déballe, au beau milieu de la neige, tous les autres accou-
