18 COMPAGNONS DE PLONGEE
Tout autour de l’île, les eaux sont très troubles, et Falco pense qu’il
sera à peu près impossible de filmer les manchots en plongée.
Nos camarades ne se lassent pas de regarder les manchots qui marchent
les uns derrière les autres, en se dandinant comme des soldats au pas. Lorsque
les hommes s’approchent d’eux, ils gagnent le bord du rocher, glissent, se
rattrapent, et, finalement, se laissent tomber dans l’eau.
Seuls, ceux qui couvent ne se décident pas à fuir. Ils gardent leur œuf
unique entre leurs pattes, caché par leur ventre traînant sur le sol.
On comprend pourquoi ils se refusent à quitter leur nid. Dès qu’ils
s’éloignent, les fous et les mouettes se jettent sur l’œuf abandonné et l’emportent dans leur bec.
A 17 h 30, tout le monde reprend place dans le bateau, et l’arrivée
à la côte, à toute vitesse, sur les vagues déferlantes, constitue un très bel
exercice de débarquement. Le grand Sud-Africain, l’écraseur de Bonnici,
préfère terminer à pied dans un audacieux « roulé boulé »*.
Des jeux bien organisés
Les récits enthousiastes de Falco et de Bonnici nous convainquent que
la Calypso peut faire du bon travail à l’île Sainte-Croix. Le lendemain,
26 février, nous appareillons et nous atteignons l’île en une heure et quart
de route.
Deux embarcations sont envoyées à terre et franchissent la barre moins
spectaculairement que l’embarcation africaine, mais aussi dans des conditions
moins hasardeuses pour le matériel.
C’est Pierre Goupil qui tourne les extérieurs.
Michel Deloire plonge avec la caméra, mais comme l’avait prévu Falco,
l'eau est si sale que les prises de vue sont impossibles.
A terre, les manchots sont filmés sous tous les angles ; particulièrement
les petits, qui sont d’une gravité maladroite extrêmement drôle.
Il existe, au beau milieu de l’île, une sorte de lac naturel peu profond,
mais où l'eau est relativement transparente. Bébert a l’idée d’y pousser
doucement les manchots, que Deloire attend en plongée, sa caméra braquée.
La Calypso passe la nuit au mouillage, et le lendemain est consacré à
l'achèvement du tournage sur les manchots.
L’équipe est composée, cette fois, de Bernard Chauvelin, du Dr Millet,
de Pierre Goupil et de Michel Deloire. Le matin, les manchots sont réunis
au milieu des rochers, par groupes de 25 ou 30.
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