A droite, grâce à sa quille en ivoire de morse,
l'oumiak glisse aisément sur la neige.
A gauche, notre guide eskimo, Vernon
Slwooko.
autre. Mais les gestes d’un gros vieux morse qui ne daigne pas voir les
hommes sont rares, et la scène manque de mouvement.
Les morses du détroit de Béring n’ont pas la couleur d’un rose porcin
des morses de Round Island. Il est vrai que si cette teinte est due à des coups
de soleil, ces animaux ne courent pas grand risque d’en attraper, dans les
parages de l’île Saint-Laurent, où régnent la neige et le brouillard. Ils sont
brun roux avec des poils ras plus clairs que ceux de l’ours de Kodiak.
Dorado et Prezelin renoncent à obtenir une coopération intelligente de
leur patriarche, considéré définitivement comme un mauvais acteur. Comme
ils reviennent vers l’oumiak et alors qu’ils embarquent, Vernon leur montre,
à faible distance, une autre mère et son petit qui nagent entre les îlots d’un
blanc bleuté. L’oumiak se dirige vers elle, mais celle-là n’est pas d’humeur
conciliante. Après s’être laissée filmer pendant quelques minutes, elle se lance
violemment contre l’embarcation. Prezelin, qui tient la barre, évite le choc,
mais la grosse tête moustachue de la mère morse, ses défenses érigées audessus de l’eau comme des poignards, guettent toujours la fragile embarcation,
qui n’est qu’un assemblage de fines membrures en bois et de peaux tendues :
la femelle reprend du champ, repart à la charge : les deux redoutables canines
visent le plat bord. Vernon, tout heureux de l’aubaine, a saisi son fusil et
tire en pleine poitrine, au moment où la femelle morse allait faire chavirer
l’oumiak. Le grand corps passe sous le bateau et heurte la partie avant de
l'oumiak glisse aisément sur la neige.
A gauche, notre guide eskimo, Vernon
Slwooko.
autre. Mais les gestes d’un gros vieux morse qui ne daigne pas voir les
hommes sont rares, et la scène manque de mouvement.
Les morses du détroit de Béring n’ont pas la couleur d’un rose porcin
des morses de Round Island. Il est vrai que si cette teinte est due à des coups
de soleil, ces animaux ne courent pas grand risque d’en attraper, dans les
parages de l’île Saint-Laurent, où régnent la neige et le brouillard. Ils sont
brun roux avec des poils ras plus clairs que ceux de l’ours de Kodiak.
Dorado et Prezelin renoncent à obtenir une coopération intelligente de
leur patriarche, considéré définitivement comme un mauvais acteur. Comme
ils reviennent vers l’oumiak et alors qu’ils embarquent, Vernon leur montre,
à faible distance, une autre mère et son petit qui nagent entre les îlots d’un
blanc bleuté. L’oumiak se dirige vers elle, mais celle-là n’est pas d’humeur
conciliante. Après s’être laissée filmer pendant quelques minutes, elle se lance
violemment contre l’embarcation. Prezelin, qui tient la barre, évite le choc,
mais la grosse tête moustachue de la mère morse, ses défenses érigées audessus de l’eau comme des poignards, guettent toujours la fragile embarcation,
qui n’est qu’un assemblage de fines membrures en bois et de peaux tendues :
la femelle reprend du champ, repart à la charge : les deux redoutables canines
visent le plat bord. Vernon, tout heureux de l’aubaine, a saisi son fusil et
tire en pleine poitrine, au moment où la femelle morse allait faire chavirer
l’oumiak. Le grand corps passe sous le bateau et heurte la partie avant de
