Un grand morse semble informe, il n'a pas de cou : la tête s'emmanche directement sur le corps.
Forêt marine
Notre admiration pour les loutres nous a incités à faire plusieurs plongées dans leur habitat : la forêt marine des kelps. La puissance végétale de
ces algues est extraordinaire. Des flotteurs soutiennent leurs « frondes ». La
tige centrale, grosse comme un énorme bambou, descend à la verticale dans
une ombre verte jusqu’à une profondeur dépassant parfois trente mètres. La
descente en scaphandre n’en finit plus. Ce sont les végétaux les plus longs,
sinon les plus hauts du monde. En bas, l’algue se maintient par un crampon
accroché au rocher. Ancrage fragile, car ces crampons ne sont pas comparables aux racines des grands arbres : ils ne pénètrent pas dans le sol et ne
tirent aucune nourriture du substrat sédimentaire.
Ce royaume touffu des kelps est un monde à part, ondoyant, caoutchouteux, empli d’ombre, où les loutres aiment se cacher pour échapper à
leurs ennemis, et surtout aux hommes. Mais elles se réfugient aussi à terre,
sur les rivages des îles pour se mettre à l’abri des terribles tempêtes de la
mer de Béring et du vent qui souffle, parfois, à 200 km à l’heure.
Nous nous sommes, pendant quelques jours, mêlés à la vie d’un de
ces îlots où abondent les phoques et les oiseaux.
Nous avions fermé une anse avec un grand filet, et nous espérions y
garder quelques jours des loutres en semi-liberté. Comme elles sont extrêmement méfiantes, nous tentions de les surprendre pendant la nuit. Des
guetteurs, installés dans une tente, allumaient, au moindre bruit, de grosses
lampes de plongée. Nous avons eu la surprise de voir venir une loutre qui
s’est installée tout près de la tente, et y est même entrée. Elle se laissait
Forêt marine
Notre admiration pour les loutres nous a incités à faire plusieurs plongées dans leur habitat : la forêt marine des kelps. La puissance végétale de
ces algues est extraordinaire. Des flotteurs soutiennent leurs « frondes ». La
tige centrale, grosse comme un énorme bambou, descend à la verticale dans
une ombre verte jusqu’à une profondeur dépassant parfois trente mètres. La
descente en scaphandre n’en finit plus. Ce sont les végétaux les plus longs,
sinon les plus hauts du monde. En bas, l’algue se maintient par un crampon
accroché au rocher. Ancrage fragile, car ces crampons ne sont pas comparables aux racines des grands arbres : ils ne pénètrent pas dans le sol et ne
tirent aucune nourriture du substrat sédimentaire.
Ce royaume touffu des kelps est un monde à part, ondoyant, caoutchouteux, empli d’ombre, où les loutres aiment se cacher pour échapper à
leurs ennemis, et surtout aux hommes. Mais elles se réfugient aussi à terre,
sur les rivages des îles pour se mettre à l’abri des terribles tempêtes de la
mer de Béring et du vent qui souffle, parfois, à 200 km à l’heure.
Nous nous sommes, pendant quelques jours, mêlés à la vie d’un de
ces îlots où abondent les phoques et les oiseaux.
Nous avions fermé une anse avec un grand filet, et nous espérions y
garder quelques jours des loutres en semi-liberté. Comme elles sont extrêmement méfiantes, nous tentions de les surprendre pendant la nuit. Des
guetteurs, installés dans une tente, allumaient, au moindre bruit, de grosses
lampes de plongée. Nous avons eu la surprise de voir venir une loutre qui
s’est installée tout près de la tente, et y est même entrée. Elle se laissait
