DANS LA MER DE BERING
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balaie littéralement l’orifice de l'oviducte et y dépose les spermatozoïdes.
Comme disait Millet « ce simple accouplement est déjà très plaisant à
imaginer ».
Entre les îles
La Calypso quitte Kodiak le 4 juillet et longe les îles Simeonof et
Chemi.
En route, nous jetons l’ancre au-dessus d’un haut fond, à une vingtaine
de mètres de la surface. C’est une idée de Jean-Paul Bassaget, le capitaine
de la Calypso. En effet, les « secs » sont souvent le lieu d’une vie animale
particulière, et ils valent une plongée. D’ailleurs, il est bon de mettre la
nouvelle équipe « dans le bain », et de s’assurer de sa cohésion au cours
d’une première reconnaissance sous-marine. La Calypso jette l’ancre.
Michel Deloire, avec sa caméra, Jean-Jérôme Carcopino, Louis Prezelin,
Delcoutère, le docteur Millet se laissent glisser dans une eau agitée et plutôt
trouble. De gros nuages roulent à l’horizon. Un zodiac tourne, veillant sur
les plongeurs. Au bout d’un quart d’heure, l’un d’eux remonte, portant dans
ses bras une étoile de mer d’une taille gigantesque. C’est un Solaster* rouge
à rayures bleues, qui pèse une dizaine de kilos.
Nos camarades font surface l’un après l’autre, ramenant chacun leur
trophée. Tous les Solasters sont placés dans des bacs à bord de la Calypso.
Et Michel Deloire filme en gros plan leurs bras qui ondulent, érigeant des
ventouses* et des pédicellaires*.
Au carré, tous font un récit enthousiaste de ce qu’ils ont vu : sur ce
haut fond, les étoiles de mer pullulent. Elles sont entassées par centaines,
peut-être par milliers, toutes énormes.
— Quand elles se déplacent, dit Michel Deloire, elles avancent comme
une tondeuse à gazon, en dévorant tout sur leur passage.
Mais il y a un courant assez violent, l’eau est trouble, et Michel Deloire
n’a pas pu filmer les solasters comme il l’aurait souhaité. Nous décidons
donc de rester au mouillage, pour effectuer une longue plongée le lendemain
matin. Finalement nous avons attendu là pendant 36 heures.
Dans la nuit, une tempête se lève. Nous sommes durement secoués.
L’ancre dérape. La Calypso est poussée par le vent. Il faut remettre en
route les machines, refaire le mouillage. A l’aube, le temps est franchement
Sur la plage de Round Island, d'innombrables morses se pressent au soleil.
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