112 COMPAGNONS DE PLONGEE
réveilla ligotée dans les plis de la toile, ayant reçu sur la tête, qui une
lampe, qui une couverture ou une sandale. Chacun se glissa comme il put
hors de son sac de couchage et s’agrippa à la tente qui manifestait une
propension très nette à s’envoler. Elle semblait prise de folie et nos camarades
passèrent toute la nuit à essayer de retenir tout ce que le vent tentait de leur
arracher.
Les toitures des cabanes — de simples tôles rouillées — qui abritaient
le matériel le plus précieux, s’envolèrent les unes après les autres et allèrent
atterrir à dix ou quinze mètres de là dans un fracas de catastrophe, les
casseroles partaient à ras du sol et conservaient toujours un mètre d’avance
sur ceux qui les poursuivaient. Il n’y avait qu’un avantage à ce désastre
nocturne, les moustiques, emportés par la tourmente, épargnèrent, pour une
fois, la peau de nos camarades.
Lorsque le jour se leva, les dégâts semblaient irréparables. Philippe et
ses amis pensèrent d’abord qu’ils ne parviendraient jamais à tout remettre
en place. Le camp était bouleversé. Les rochers étaient parsemés de torchons,
de palmes, de combinaisons de plongée. La ferraille des toits gisait alentour.
Toute l’installation était à refaire. Il fallut surmonter un découragement
bien compréhensible. Mais la tempête soufflait toujours, et elle arrachait
des mains les tôles qu’on essayait de remettre en place. Les vivres étaient
dispersés, renversés, gâtés par la pluie ou la mer.
A midi, enfin, le vent s’est un peu calmé.
Le Searcher, le bateau qui avait amené la mission, apparut dans la
baie. Inquiet, il venait savoir si la tempête n’avait pas provoqué une véritable
catastrophe. Il n’était pas question de débarquer : la mer était trop mauvaise.
La conversation s’engagea au porte-voix. Sans le savoir, les occupants du
bateau redonnèrent beaucoup de courage à l’équipe à terre, simplement
parce qu’ils avaient l’air plus mal en point que les sinistrés de Guadalupe :
en pleine mer, la tempête avait été encore plus rude à étaler.
Le soir même, lorsque le Searcher disparut à l’horizon, les cinq hommes
de la mission avaient réussi à remettre leur camp à peu près en ordre.
Une bonne entente
Le beau temps revint très vite. Les derniers jours furent magnifiques
et Philippe put tourner quelques bonnes séquences sous-marines.
Les éléphants s’habituaient rapidement à la présence des hommes et
ne faisaient plus attention à eux. Les regarder vivre était un enchantement.
réveilla ligotée dans les plis de la toile, ayant reçu sur la tête, qui une
lampe, qui une couverture ou une sandale. Chacun se glissa comme il put
hors de son sac de couchage et s’agrippa à la tente qui manifestait une
propension très nette à s’envoler. Elle semblait prise de folie et nos camarades
passèrent toute la nuit à essayer de retenir tout ce que le vent tentait de leur
arracher.
Les toitures des cabanes — de simples tôles rouillées — qui abritaient
le matériel le plus précieux, s’envolèrent les unes après les autres et allèrent
atterrir à dix ou quinze mètres de là dans un fracas de catastrophe, les
casseroles partaient à ras du sol et conservaient toujours un mètre d’avance
sur ceux qui les poursuivaient. Il n’y avait qu’un avantage à ce désastre
nocturne, les moustiques, emportés par la tourmente, épargnèrent, pour une
fois, la peau de nos camarades.
Lorsque le jour se leva, les dégâts semblaient irréparables. Philippe et
ses amis pensèrent d’abord qu’ils ne parviendraient jamais à tout remettre
en place. Le camp était bouleversé. Les rochers étaient parsemés de torchons,
de palmes, de combinaisons de plongée. La ferraille des toits gisait alentour.
Toute l’installation était à refaire. Il fallut surmonter un découragement
bien compréhensible. Mais la tempête soufflait toujours, et elle arrachait
des mains les tôles qu’on essayait de remettre en place. Les vivres étaient
dispersés, renversés, gâtés par la pluie ou la mer.
A midi, enfin, le vent s’est un peu calmé.
Le Searcher, le bateau qui avait amené la mission, apparut dans la
baie. Inquiet, il venait savoir si la tempête n’avait pas provoqué une véritable
catastrophe. Il n’était pas question de débarquer : la mer était trop mauvaise.
La conversation s’engagea au porte-voix. Sans le savoir, les occupants du
bateau redonnèrent beaucoup de courage à l’équipe à terre, simplement
parce qu’ils avaient l’air plus mal en point que les sinistrés de Guadalupe :
en pleine mer, la tempête avait été encore plus rude à étaler.
Le soir même, lorsque le Searcher disparut à l’horizon, les cinq hommes
de la mission avaient réussi à remettre leur camp à peu près en ordre.
Une bonne entente
Le beau temps revint très vite. Les derniers jours furent magnifiques
et Philippe put tourner quelques bonnes séquences sous-marines.
Les éléphants s’habituaient rapidement à la présence des hommes et
ne faisaient plus attention à eux. Les regarder vivre était un enchantement.
