L’ÉPOPÉE DU SURCOUF
tricot rayé ; sans oublier la casquette. Style loup de mer qui n’a
jamais navigué, ohé ! ohé !
Nous avons un but : la Corse.
Le 1er juillet 1950, à 15 h 15 (notez la précision), nous
quittons le port du Carénage, à Marseille, sous les yeux migoguenards, mi-inquiets de nos parents et amis. Deux heures
plus tard, nous jetons l’ancre au fond de la calanque de
Sormiou. C’est d’ici que je veux vraiment partir. Je ne me
lasserai jamais de ce fjord méditerranéen où les eaux sont si
vertes et si bleues sous les falaises de calcaire blanc, et où les
anciens navigateurs vinrent faire de l’eau à la « Bonne
Source » en attendant que le mistral se calme et leur permettre
d’entrer dans Phocée-Massilia...
Sormiou, la porte de toutes mes aventures !
Nous prenons avec la solennité qui convient notre dernier
repas à terre, dans le restaurant « Le Lunch » que tient JeanLouis Pibaud. Une soupe au pistou plus provençale que toute
la Provence, avec ce qu’il faut de haricots, de pâtes et de basilic
(le pistou même)...
Le large nous attend. A nous, Jason et les Argonautes ; à
nous, Ulysse et Pythéas de Marseille !
A 21 heures, le Surcouffend la houle, le cap sur le phare de la
Cassidaigne. Nous avons tout supporté de nos convives du
restaurant : depuis les plaisanteries à sous-entendu grivois
(« En Corse, attention aux sirènes ! ») jusqu’aux chants de
circonstance entonnés sur l’air du sarcasme (« L’enfant prodige de la gloire, Napoléon, Napoléon! »). Pauvre Napoléon!
Pauvre Tino Rossi !
Tels des marins confirmés, nous établissons nos quarts.
Boboss tient la barre au feu de la Cassidaigne (écueils, mais
superbes poissons sous la surface). Je suis aux commandes
quand nous doublons le cap Sicié, qui garde l’entrée de la rade
de Toulon. L’Oncle me relaie au moment où nous saluons la
presqu’île de Giens. Puis c’est Poup qui s’y colle. Au lever du
soleil, petit déjeuner en mer. Café au lait accompagné d’un
gâteau de ma mère.
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tricot rayé ; sans oublier la casquette. Style loup de mer qui n’a
jamais navigué, ohé ! ohé !
Nous avons un but : la Corse.
Le 1er juillet 1950, à 15 h 15 (notez la précision), nous
quittons le port du Carénage, à Marseille, sous les yeux migoguenards, mi-inquiets de nos parents et amis. Deux heures
plus tard, nous jetons l’ancre au fond de la calanque de
Sormiou. C’est d’ici que je veux vraiment partir. Je ne me
lasserai jamais de ce fjord méditerranéen où les eaux sont si
vertes et si bleues sous les falaises de calcaire blanc, et où les
anciens navigateurs vinrent faire de l’eau à la « Bonne
Source » en attendant que le mistral se calme et leur permettre
d’entrer dans Phocée-Massilia...
Sormiou, la porte de toutes mes aventures !
Nous prenons avec la solennité qui convient notre dernier
repas à terre, dans le restaurant « Le Lunch » que tient JeanLouis Pibaud. Une soupe au pistou plus provençale que toute
la Provence, avec ce qu’il faut de haricots, de pâtes et de basilic
(le pistou même)...
Le large nous attend. A nous, Jason et les Argonautes ; à
nous, Ulysse et Pythéas de Marseille !
A 21 heures, le Surcouffend la houle, le cap sur le phare de la
Cassidaigne. Nous avons tout supporté de nos convives du
restaurant : depuis les plaisanteries à sous-entendu grivois
(« En Corse, attention aux sirènes ! ») jusqu’aux chants de
circonstance entonnés sur l’air du sarcasme (« L’enfant prodige de la gloire, Napoléon, Napoléon! »). Pauvre Napoléon!
Pauvre Tino Rossi !
Tels des marins confirmés, nous établissons nos quarts.
Boboss tient la barre au feu de la Cassidaigne (écueils, mais
superbes poissons sous la surface). Je suis aux commandes
quand nous doublons le cap Sicié, qui garde l’entrée de la rade
de Toulon. L’Oncle me relaie au moment où nous saluons la
presqu’île de Giens. Puis c’est Poup qui s’y colle. Au lever du
soleil, petit déjeuner en mer. Café au lait accompagné d’un
gâteau de ma mère.
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