CAPITAINE DE LA CALYPSO
Vancouver et l’Etat de Washington, où les plus grosses
pieuvres du monde ont leurs appartements. Deux cents
kilogrammes ; des bras de quatre mètres de longueur : impressionnants mollusques... Ces animaux — intelligents, comme
tous les poulpes — ne sont nullement les monstres cruels que
décrivent les récits d’aventures. Ils paraissent en vérité bien
pacifiques. S’ils ont de la force dans les tentacules, ils
s’épuisent vite, comme toutes les créatures à température
variable. La spécialiste qui plonge avec nous, le docteur Joan
Duffy, n’est qu’une « faible femme », pour un œil de macho.
Cela ne l’empêche nullement de maîtriser en un tournemain
une pieuvre géante trois fois plus grande qu’elle... Nous
admirons, dans le labyrinthe de leurs cavernes, ces animaux
qui nagent par réaction et qui, lorsqu’ils sortent en pleine eau,
ressemblent à de vastes fleurs palpitantes. A la moindre
émotion, le brun-rouge de leur peau vire à l’ocre ou au gris
blafard...
Nous gagnons vers le sud. Passé Monterrey, nouvelle
rencontre avec les loutres de mer (des stars d’Hollywood!) :
Philippe Cousteau fait ami-ami avec elles. Il les amadoue avec
des oursins et des coquillages. Elles acceptent qu’il fasse la
sieste avec elles, enroulé en surface dans des frondes de kelp
géant...
Nous plongeons avec les otaries de Californie. Nous assistons à une scène étonnante : ces animaux se mettent à
plusieurs pour capturer un gros poisson-lune (ou mole) de plus
de deux mètres de longueur. Et (ô surprise !) : les rusés lions de
mer coupent les nageoires de leur victime à coups de dents. Le
poisson, incapable de fuir, mais vivant, devient un gardemanger pratique où chacun se sert selon son appétit ! Le mot
« cruel » n’a aucun sens, appliqué à des animaux. Mais ce
« truc » est une preuve supplémentaire de l’intelligence des
pinnipèdes, qui ont au moins une « idée » de l’avenir.
Novembre et décembre en Californie. Essais de scooters
sous-marins. Observations sur le comportement des dauphins
en liberté — sous la houlette du professeur René-Guy Busnel,
268
Vancouver et l’Etat de Washington, où les plus grosses
pieuvres du monde ont leurs appartements. Deux cents
kilogrammes ; des bras de quatre mètres de longueur : impressionnants mollusques... Ces animaux — intelligents, comme
tous les poulpes — ne sont nullement les monstres cruels que
décrivent les récits d’aventures. Ils paraissent en vérité bien
pacifiques. S’ils ont de la force dans les tentacules, ils
s’épuisent vite, comme toutes les créatures à température
variable. La spécialiste qui plonge avec nous, le docteur Joan
Duffy, n’est qu’une « faible femme », pour un œil de macho.
Cela ne l’empêche nullement de maîtriser en un tournemain
une pieuvre géante trois fois plus grande qu’elle... Nous
admirons, dans le labyrinthe de leurs cavernes, ces animaux
qui nagent par réaction et qui, lorsqu’ils sortent en pleine eau,
ressemblent à de vastes fleurs palpitantes. A la moindre
émotion, le brun-rouge de leur peau vire à l’ocre ou au gris
blafard...
Nous gagnons vers le sud. Passé Monterrey, nouvelle
rencontre avec les loutres de mer (des stars d’Hollywood!) :
Philippe Cousteau fait ami-ami avec elles. Il les amadoue avec
des oursins et des coquillages. Elles acceptent qu’il fasse la
sieste avec elles, enroulé en surface dans des frondes de kelp
géant...
Nous plongeons avec les otaries de Californie. Nous assistons à une scène étonnante : ces animaux se mettent à
plusieurs pour capturer un gros poisson-lune (ou mole) de plus
de deux mètres de longueur. Et (ô surprise !) : les rusés lions de
mer coupent les nageoires de leur victime à coups de dents. Le
poisson, incapable de fuir, mais vivant, devient un gardemanger pratique où chacun se sert selon son appétit ! Le mot
« cruel » n’a aucun sens, appliqué à des animaux. Mais ce
« truc » est une preuve supplémentaire de l’intelligence des
pinnipèdes, qui ont au moins une « idée » de l’avenir.
Novembre et décembre en Californie. Essais de scooters
sous-marins. Observations sur le comportement des dauphins
en liberté — sous la houlette du professeur René-Guy Busnel,
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