LES TORTUES DALDABRA
dûment envoyés aux laboratoires d’analyses de la British
Petroleum, nous repassons le détroit d’Hormuz. Nous filons à
belle allure sur l’océan Indien. Nous avons oublié l’odeur du
pétrole. Les oiseaux de mer — les sternes, les pétrels, les
puffins, les goélands et quelques phaétons, ou paille-en-queue
— virevoltent autour de la Calypso et piaillent au-dessus de nos
têtes. Nous cinglons vers les Seychelles.
Nous rencontrons une petite famille de baleines : ce sont des
rorquals communs. L’entrevue se passe à merveille. Nous
approchons des énormes bêtes sans les effrayer. Elles nagent à
la paresseuse, et l’une d’elles nous fait l’amitié de nous
regarder pendant plusieurs minutes; après quoi, elle nous
adresse un salut de l’aileron... Le soir, nous apercevons un
autre de ces cétacés, immobile en surface. Nous mettons un
canot à l’eau. Nous avançons vers lui en silence — à la rame.
De son corps gigantesque ne dépasse que l’aileron dorsal en
forme de faux. Nous voyons ses évents qui s’ouvrent pour
chasser l’air vicié et prendre une nouvelle inspiration ; puis les
narines se ferment et le crâne du géant descend au-dessous de
la surface. Une minute ou une minute et demie plus tard,
l’orifice respiratoire est de nouveau en surface. Chut! La
baleine est endormie... Nous la quittons sur la pointe des
rames...
Nous entrons dans le port de Mahé, où nous faisons escale.
Les Seychelles avant le tourisme : une splendeur!... Si la
notion de paradis terrestre a jamais signifié quelque chose,
c’est ici... Personne ne peut décrire la beauté de ces îles de
corail qui émergent tout juste de l’eau de turquoise et d’azur,
et qui semblent coiffées d’une brosse de cocotiers verts.
Personne n’a peint la transparence de cette mer, les nuances
d’outremer et d’argent de ces baies bordées de sable blond...
Nous plongeons dans un aquarium. Les branches et les
blocs de corail, les gorgones, les alcyonaires, les éponges de
toutes teintes et de toutes formes composent un décor pour des
armadas de vers spirobranches, de bivalves, d’escargots de
mer, de nudibranches, d’étoiles de mer, d’oursins. Et de
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dûment envoyés aux laboratoires d’analyses de la British
Petroleum, nous repassons le détroit d’Hormuz. Nous filons à
belle allure sur l’océan Indien. Nous avons oublié l’odeur du
pétrole. Les oiseaux de mer — les sternes, les pétrels, les
puffins, les goélands et quelques phaétons, ou paille-en-queue
— virevoltent autour de la Calypso et piaillent au-dessus de nos
têtes. Nous cinglons vers les Seychelles.
Nous rencontrons une petite famille de baleines : ce sont des
rorquals communs. L’entrevue se passe à merveille. Nous
approchons des énormes bêtes sans les effrayer. Elles nagent à
la paresseuse, et l’une d’elles nous fait l’amitié de nous
regarder pendant plusieurs minutes; après quoi, elle nous
adresse un salut de l’aileron... Le soir, nous apercevons un
autre de ces cétacés, immobile en surface. Nous mettons un
canot à l’eau. Nous avançons vers lui en silence — à la rame.
De son corps gigantesque ne dépasse que l’aileron dorsal en
forme de faux. Nous voyons ses évents qui s’ouvrent pour
chasser l’air vicié et prendre une nouvelle inspiration ; puis les
narines se ferment et le crâne du géant descend au-dessous de
la surface. Une minute ou une minute et demie plus tard,
l’orifice respiratoire est de nouveau en surface. Chut! La
baleine est endormie... Nous la quittons sur la pointe des
rames...
Nous entrons dans le port de Mahé, où nous faisons escale.
Les Seychelles avant le tourisme : une splendeur!... Si la
notion de paradis terrestre a jamais signifié quelque chose,
c’est ici... Personne ne peut décrire la beauté de ces îles de
corail qui émergent tout juste de l’eau de turquoise et d’azur,
et qui semblent coiffées d’une brosse de cocotiers verts.
Personne n’a peint la transparence de cette mer, les nuances
d’outremer et d’argent de ces baies bordées de sable blond...
Nous plongeons dans un aquarium. Les branches et les
blocs de corail, les gorgones, les alcyonaires, les éponges de
toutes teintes et de toutes formes composent un décor pour des
armadas de vers spirobranches, de bivalves, d’escargots de
mer, de nudibranches, d’étoiles de mer, d’oursins. Et de
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