CAPITAINE DE LA CALYPSO
Bahreïn, est une éponge à hydrocarbures. Tout le monde
l’ignore, pour la bonne raison que cette richesse, c’est nous qui
allons la découvrir !
Le 12 février, après que le commandant Cousteau a rendu
une visite solennelle à l’émir d’Abou Dhabi, la Calypso est à
pied d’œuvre pour sa première série de sondages. Le site choisi
est l’île de Das (Dâsa), à l’ouest d’Abou Dhabi. Nous devons
effectuer au total, dans cette partie du Golfe, plus de quatre
cents stations scientifiques. Nous immergeons notre gravimètre : posé sur le fond, l’instrument décèle les anomalies de la
pesanteur, dont certaines accompagnent la présence de poches
de pétrole ou de gaz.
Nous faisons aussi fonctionner notre carottier — comme
tout prospecteur qui se respecte. Ce tube, normalement
accroché à un pylône métallique (derrick), est en l’occurrence
monté sur la grue de la Calypso. Il s’enfonce dans le sol pour y
prélever des échantillons minéraux. A la première descente,
notre instrument se plie en accordéon! Les mécaniciens du
bord passem l’après-midi à le réparer. Le lendemain, même
mésaventure... Le plancher de la mer est solide, dans le coin!
Les opérations de récolte d’échantillons se déroulent mieux
les jours suivants — sauf qu’un vent de sable rageur se lève et
ballotte notre navire. Non seulement le khamsin nous brasse et
nous emplit le nez de poussière du désert, mais il nous interdit
tout carottage. Le commandant Cousteau envoie des équipes
de plongeurs ramasser directement des fragments de sol au
marteau-piqueur. Labeur pénible... Les requins, attirés par
l’agitation de l’eau, et d’autant plus dangereux qu’ils sont
presque invisibles dans une mer troublée par les sédiments,
rapprochent leurs cercles. Nous nous sommes munis d’une
cage anti-requins : nous la mouillons ; et nous nous y réfugions
sans faire inutilement les fiers lorsque les squales ont l’air plus
excités que d’habitude.
Encore plus angoissants que les requins sont les serpents de
mer... Ces reptiles ondulent nombreux dans les eaux locales.
Ils sont beaux, avec leur large queue aplatie dans le sens
140
Bahreïn, est une éponge à hydrocarbures. Tout le monde
l’ignore, pour la bonne raison que cette richesse, c’est nous qui
allons la découvrir !
Le 12 février, après que le commandant Cousteau a rendu
une visite solennelle à l’émir d’Abou Dhabi, la Calypso est à
pied d’œuvre pour sa première série de sondages. Le site choisi
est l’île de Das (Dâsa), à l’ouest d’Abou Dhabi. Nous devons
effectuer au total, dans cette partie du Golfe, plus de quatre
cents stations scientifiques. Nous immergeons notre gravimètre : posé sur le fond, l’instrument décèle les anomalies de la
pesanteur, dont certaines accompagnent la présence de poches
de pétrole ou de gaz.
Nous faisons aussi fonctionner notre carottier — comme
tout prospecteur qui se respecte. Ce tube, normalement
accroché à un pylône métallique (derrick), est en l’occurrence
monté sur la grue de la Calypso. Il s’enfonce dans le sol pour y
prélever des échantillons minéraux. A la première descente,
notre instrument se plie en accordéon! Les mécaniciens du
bord passem l’après-midi à le réparer. Le lendemain, même
mésaventure... Le plancher de la mer est solide, dans le coin!
Les opérations de récolte d’échantillons se déroulent mieux
les jours suivants — sauf qu’un vent de sable rageur se lève et
ballotte notre navire. Non seulement le khamsin nous brasse et
nous emplit le nez de poussière du désert, mais il nous interdit
tout carottage. Le commandant Cousteau envoie des équipes
de plongeurs ramasser directement des fragments de sol au
marteau-piqueur. Labeur pénible... Les requins, attirés par
l’agitation de l’eau, et d’autant plus dangereux qu’ils sont
presque invisibles dans une mer troublée par les sédiments,
rapprochent leurs cercles. Nous nous sommes munis d’une
cage anti-requins : nous la mouillons ; et nous nous y réfugions
sans faire inutilement les fiers lorsque les squales ont l’air plus
excités que d’habitude.
Encore plus angoissants que les requins sont les serpents de
mer... Ces reptiles ondulent nombreux dans les eaux locales.
Ils sont beaux, avec leur large queue aplatie dans le sens
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