CAPITAINE DE LA CALYPSO
boîtes qui referment devant leur bouche le couvercle de leurs
pinces ; tantôt par des langoustes brillantes comme des colliers
de pierreries ; tantôt par de minuscules crevettes périclymènes
translucides... Les échinodermes déploient leurs légions de lis
de mer (notamment de comatules plumeuses, écarlates ou
jaune citron), d’oursins-crayons et d’oursins-diadèmes, d’holothuries ventrues, d’étoiles de mer bleues, orange ou rouges,
souvent hérissées d’épines...
Les poissons sont plus beaux que partout ailleurs : comparées à ces joyaux, mes éclatantes girelles de Sormiou paraîtraient pâles ! Des raies à aiguillon passent, leur queue fine
comme un fouet tendue vers l’arrière : ne pas toucher — épine
venimeuse sur le dos... Des poissons-soldats et des poissonsécureuils nous regardent nager en écarquillant leurs grands
yeux ronds ; ils ont revêtu leur tenue de parade rouge vif. Des
poissons-radios, ou zancles, brandissent leurs « antennes » (en
réalité, les prolongements filiformes de leur nageoire dorsale et
de leurs deux pectorales). Des poissons-perroquets verts
broutent le corail avec voracité : on entend le « scrounch!
scrounch ! » de leurs grosses dents soudées qui attaquent le
calcaire. Dans une grotte bleue ondulent des bandes de
barbiers rose-orangé clair, que suivent des poissons-demoiselles bleus. Un peu partout, dans le fouillis des madrépores, des
poissons-chirurgiens rivalisent de splendeur avec des poissonspapillons et des poissons-anges. Les ors et les argents se mêlent
aux turquoises et aux saphirs. Le plus bel animal de ces lieux,
le poisson-ange empereur, arbore sur les flancs des rayures
longitudinales bleues, blanches et jaunes d’une incroyable
harmonie...
Chaque anfractuosité du récif est occupée. Ici, une murène
quaesita expose son museau orné de deux protubérances
bizarres. Là, un mérou-diamant sort de son trou et fait
admirer le rouge vermillon de ses écailles piquetées de points
bleu pâle. Plus loin, nous dérangeons une famille de girelles
tropicales incroyablement bariolées.
Je ne me lasse pas de voir. J’ai l’impression de dévorer ces
126
boîtes qui referment devant leur bouche le couvercle de leurs
pinces ; tantôt par des langoustes brillantes comme des colliers
de pierreries ; tantôt par de minuscules crevettes périclymènes
translucides... Les échinodermes déploient leurs légions de lis
de mer (notamment de comatules plumeuses, écarlates ou
jaune citron), d’oursins-crayons et d’oursins-diadèmes, d’holothuries ventrues, d’étoiles de mer bleues, orange ou rouges,
souvent hérissées d’épines...
Les poissons sont plus beaux que partout ailleurs : comparées à ces joyaux, mes éclatantes girelles de Sormiou paraîtraient pâles ! Des raies à aiguillon passent, leur queue fine
comme un fouet tendue vers l’arrière : ne pas toucher — épine
venimeuse sur le dos... Des poissons-soldats et des poissonsécureuils nous regardent nager en écarquillant leurs grands
yeux ronds ; ils ont revêtu leur tenue de parade rouge vif. Des
poissons-radios, ou zancles, brandissent leurs « antennes » (en
réalité, les prolongements filiformes de leur nageoire dorsale et
de leurs deux pectorales). Des poissons-perroquets verts
broutent le corail avec voracité : on entend le « scrounch!
scrounch ! » de leurs grosses dents soudées qui attaquent le
calcaire. Dans une grotte bleue ondulent des bandes de
barbiers rose-orangé clair, que suivent des poissons-demoiselles bleus. Un peu partout, dans le fouillis des madrépores, des
poissons-chirurgiens rivalisent de splendeur avec des poissonspapillons et des poissons-anges. Les ors et les argents se mêlent
aux turquoises et aux saphirs. Le plus bel animal de ces lieux,
le poisson-ange empereur, arbore sur les flancs des rayures
longitudinales bleues, blanches et jaunes d’une incroyable
harmonie...
Chaque anfractuosité du récif est occupée. Ici, une murène
quaesita expose son museau orné de deux protubérances
bizarres. Là, un mérou-diamant sort de son trou et fait
admirer le rouge vermillon de ses écailles piquetées de points
bleu pâle. Plus loin, nous dérangeons une famille de girelles
tropicales incroyablement bariolées.
Je ne me lasse pas de voir. J’ai l’impression de dévorer ces
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