HÉRÉDITÉ ET AMBIANCE. RACES LOCALES
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Quant à l’instinct. de retour des saumons, non seulement à leur bassin fluvial
d’origine, mais à leur rivière natale, après s’ètre éloignés parfois en pleine
mer d’un millier de kilomètres (Vibert, 1953), il semble difficile de la concevoir comme étant à rattacher soit à l’ambiance, soit à l’hérédité, indépendamment l’une de l’autre. Si l’hérédité était seule en jeu dans l’existence
et la manifestation de cet instinct, les tentatives de transplantation d'un
stock de saumons d’une rivière à une autre auraient les mêmes chances
de réussite que les transplantations d’espèces non migratrices. Si l’ambiance
de la rivière d’origine était seule en cause, sans qu’intervienne l’hérédité,
toute transplantation de saumons d’une rivière à une autre serait rigoureusement condamnée à l’échec. En fait les résultats réels sont entre ces
deux extrêmes : les réussites sont anormalement faibles. Si l'existence même
de l’instinct est bien par définition liée à l’hérédité, tout se passe comme si
sa manifestation n’était possible qu’à la condition qu'il n’y ait pas de changement dans l’ambiance ou qu’alors ce changement soit des plus minimes
(10.042,11).
Que penser alors des races locales sur le plan de l’hérédité? Celles-ci
sont-elles toujours façonnées dans leur « phénotype » par le milieu externe,
leurs caractères acquis n’étant pas héréditaires, selon la position actuelle
du Néo-Darwinisme ? Celles-ci ne sont-elles parfois que le résultat d'une potentialité interne héréditaire de leur «génotype» manifestée à l’occasion d’une
ambiance favorable, et qui, bien qu’héréditaire, ne se manifestera plus si
cette ambiance vient à changer?
4.4. LES HYBRIDES
Les agriculteurs ont eu souvent recours à la production d’hybrides ;
citons comme réussites frappantes : le mulet pour sa rusticité et le maïs
hybride américain pour ses rendements exceptionnels. En matière piscicole, la situation des études sur les hybrides, déjà nombreuses, se trouve
résumée dans les derniers travaux de Alm (1955) et Wright (1955). La poursuite systématique des applications de l’hybridation sur le plan de l'exploitation rationnelle des eaux n'en est pas moins encore récente, le nombre
des résultats obtenus encore faible.
Sous la direction de Swingle, la station agricole expérimentale de
l’institut Polytechnique de l’Alabama, aux U.S.A., créa divers hybrides
de centrarchidés. Son but était d’obtenir des poissons a la fois intéressa ni s
pour le pêcheur, et stériles, pour éviter le surpeuplement, mal endémique
de bon nombre de plans d’eau, en pays chauds ou tempérés chauds (K.2113.03-14.12). Les piscicultures auraient pu alors approvisionner ces plans
d’eau à la demande, sans aucun risque de pullulation et de nanisme subséquent. Cet espoir de stérilité totale dut être abandonné, les hybrides provenant d’espèces assez voisines s'étant révéles féconds. Certains croisements
conduisent néanmoins à l’obtention d’hybrides intéressants, tant par leur
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Quant à l’instinct. de retour des saumons, non seulement à leur bassin fluvial
d’origine, mais à leur rivière natale, après s’ètre éloignés parfois en pleine
mer d’un millier de kilomètres (Vibert, 1953), il semble difficile de la concevoir comme étant à rattacher soit à l’ambiance, soit à l’hérédité, indépendamment l’une de l’autre. Si l’hérédité était seule en jeu dans l’existence
et la manifestation de cet instinct, les tentatives de transplantation d'un
stock de saumons d’une rivière à une autre auraient les mêmes chances
de réussite que les transplantations d’espèces non migratrices. Si l’ambiance
de la rivière d’origine était seule en cause, sans qu’intervienne l’hérédité,
toute transplantation de saumons d’une rivière à une autre serait rigoureusement condamnée à l’échec. En fait les résultats réels sont entre ces
deux extrêmes : les réussites sont anormalement faibles. Si l'existence même
de l’instinct est bien par définition liée à l’hérédité, tout se passe comme si
sa manifestation n’était possible qu’à la condition qu'il n’y ait pas de changement dans l’ambiance ou qu’alors ce changement soit des plus minimes
(10.042,11).
Que penser alors des races locales sur le plan de l’hérédité? Celles-ci
sont-elles toujours façonnées dans leur « phénotype » par le milieu externe,
leurs caractères acquis n’étant pas héréditaires, selon la position actuelle
du Néo-Darwinisme ? Celles-ci ne sont-elles parfois que le résultat d'une potentialité interne héréditaire de leur «génotype» manifestée à l’occasion d’une
ambiance favorable, et qui, bien qu’héréditaire, ne se manifestera plus si
cette ambiance vient à changer?
4.4. LES HYBRIDES
Les agriculteurs ont eu souvent recours à la production d’hybrides ;
citons comme réussites frappantes : le mulet pour sa rusticité et le maïs
hybride américain pour ses rendements exceptionnels. En matière piscicole, la situation des études sur les hybrides, déjà nombreuses, se trouve
résumée dans les derniers travaux de Alm (1955) et Wright (1955). La poursuite systématique des applications de l’hybridation sur le plan de l'exploitation rationnelle des eaux n'en est pas moins encore récente, le nombre
des résultats obtenus encore faible.
Sous la direction de Swingle, la station agricole expérimentale de
l’institut Polytechnique de l’Alabama, aux U.S.A., créa divers hybrides
de centrarchidés. Son but était d’obtenir des poissons a la fois intéressa ni s
pour le pêcheur, et stériles, pour éviter le surpeuplement, mal endémique
de bon nombre de plans d’eau, en pays chauds ou tempérés chauds (K.2113.03-14.12). Les piscicultures auraient pu alors approvisionner ces plans
d’eau à la demande, sans aucun risque de pullulation et de nanisme subséquent. Cet espoir de stérilité totale dut être abandonné, les hybrides provenant d’espèces assez voisines s'étant révéles féconds. Certains croisements
conduisent néanmoins à l’obtention d’hybrides intéressants, tant par leur
