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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
rieure au maximum absolu réalisable, compte tenu des disponibilités en
énergie (5.521). Les populations qui mettent ainsi inconsciemment en pratique un sévère contrôle des naissances sont dites espèces rares tandis que
la qualification d’espèces clairsemées peut être réservée aux populations
dont la faible densité est surtout le fait des adversités climatiques.
Nous verrons que les adversités de l’environnement sont génératrices
de mortalités qui peuvent être indépendantes ou dépendantes de la densité
des populations en cause, ces mortalités devant encore être subdivisées en
proportionnelles, compensatrices et exagératrices (6.151).
Les mortalités indépendantes, parfois aggravées par des mortalités exagératrices, proviennent surtout de variations dans l’ambiance inorganique :
températures, substances en suspension ou dissoutes... agissant sans aucune
relation avec la densité des populations. Souvent très importantes, elles
sont susceptibles de réduire ces dernières à un niveau très bas, voire même
de les exterminer.
Les mortalités dites compensatrices sont au contraire, par définition,
d’autant plus élevées que la densité des populations est plus grande. Ce
sont elles qui jouent le rôle principal dans la limitation des stocks. Parmi
les principaux facteurs générateurs de mortalité compensatrice il y a lieu
de retenir en particulier : l’étendue limitée des zones favorables à la reproduction, les maladies et les phénomènes antibiotiques, les disponibilités
en nourriture et les prédateurs.
Lorsque le goulot d’étranglement de la productivité d’une espèce est
constitué par une insuffisance de l’étendue des zones favorables à sa reproduction, le rendement de la reproduction naturelle varie en raison inverse de
la densité de la population et le stock réel n’oscille en général que relativement peu de part et d’autre du palier représentatif du stock limite théorique. Lorsqu’au contraire le goulot d’étranglement de la productivité d’une
espèce est constitué par des disponibilités restreintes en nourriture, cette
espèce se trouve dans des conditions dangereuses, instables, génératrices
d’énormes fluctuations de densité. Détruisant à peu près dix fois plus de nourriture en moyenne que son propre accroissement de poids, une espèce animale
dont le développement n’est pas freiné par un autre facteur peut arriver à
détruire rapidement ses propres ressources alimentaires. Il vient un moment
où la raréfaction de ces ressources entraîne une régression considérable de
l’espèce prédatrice qui s’en nourrissait. Une fois l’espèce prédatrice réduite
à peu de chose, les espèces proies formant sa nourriture se reconstituent, et le
cycle recommence lorsqu’on face d’une nourriture abondante les espèces prédatrices recommencent à proliférer. Les stocks réels des espèces en présence
font alors, de part et d’autre du palier représentatif de leur stock limite
théorique, des fluctuations d’amplitude énorme, caractéristiques des relations « Prédateurs-Proies » (5.621).
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