PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES ^AMÉNAGEMENT
rarement une densité excessive. Non, pour les espèces à forte capacité de
reproduction. Pour celles-ci, l’importance des classes d’âge annuelles n’est
pas fonction du nombre de géniteurs, en général en nombre amplement suffisant, mais des conditions climatiques et de l’abondance ou de la rareté des
espèces antagonistes.
Entre ces deux extrêmes, pour les espèces particulièrement vulnérables
et à faible capacité de reproduction, le problème commence à prêter à discussion vu l’importance des mortalités naturelles. Miller (1953) a fait remarquer qu’avec des mortalités annuelles de 60 pour cent (Alberta et zones
montagneuses de Californie à climat assez extrême) 1 000 alevins au départ
ne donnaient que 400 truitelles de 1 an, 160 truites de 2 ans et 64 truites
de 3 ans. Supposons que ces truites de 3 ans arrivent à une taille réglementaire
de 20 centimètres, correspondant à la taille requise pour leur première fraye.
Le pêcheur sera obligé de prélever la totalité de ses prises sur ces 64 truites
qui constituent le stock de reproducteurs. Dans quantité de rivières la taille
légale ne sera acquise qu’au bout de 4 ans. Le pêcheur ne pourra alors faire
porter ses captures que sur un stock réduit de 25 reproducteurs. Il serait
sûrement plus avisé de faire porter une partie des captures sur les sujets
plus jeunes dont quantité mourront de toutes façons de causes naturelles
avant d’atteindre la taille légale. Ainsi, on éviterait que la totalité des
captures ne se fasse au détriment du stock de géniteurs. Certains sont allés
plus loin dans cette voie en conseillant l’adoption d’une taille maximum, au
lieu d’une taille minimum. Ce serait alors les grands reproducteurs, qui ont
eu la chance très rare de survivre, qui seraient protégés, et non les jeunes
dont la plus grande partie disparaît chaque année.
Sans être aussi affirmatifs que Miller, il nous faut reconnaître que la
nécessité d’une taille minimum ne s’impose plus avec évidence. Le problème
mérite d’être étudié plus à fond, compte tenu des conditions de milieu. Il
importe avant tout pour cela de chiffrer les taux de mortalité naturelle en
fonction de l’abondance relative des espèces antagonistes, et aussi, et peutêtre surtout, en fonction des températures extrêmes, hivernales et estivales.
11.021,4. Limitation des dimensions et du nombre d’engins de pêche et de
bateaux
Toutes ces restrictions sont d’un usage courant et sont en général efficaces,
du point de vue conservation des stocks. Du point de vue économique, une
remarque s'impose toutefois pour les pêches industrielles intéressant les eauxmarines et les grands lacs. Lorsque le facteur prix de revient est d’une
importance primordiale, ces restrictions peuvent condamner une pêche professionnelle à la faillite. Mieux vaudrait alors laisser pêcher un tonnage journalier important, qui seul peut justifier une pêche industrielle génératrice
de bas prix de revient, quitte à réduire le tonnage total pêché, soit en limitant
davantage les périodes d’ouverture, soit en limitant le nombre des usines
traitant le poisson.
rarement une densité excessive. Non, pour les espèces à forte capacité de
reproduction. Pour celles-ci, l’importance des classes d’âge annuelles n’est
pas fonction du nombre de géniteurs, en général en nombre amplement suffisant, mais des conditions climatiques et de l’abondance ou de la rareté des
espèces antagonistes.
Entre ces deux extrêmes, pour les espèces particulièrement vulnérables
et à faible capacité de reproduction, le problème commence à prêter à discussion vu l’importance des mortalités naturelles. Miller (1953) a fait remarquer qu’avec des mortalités annuelles de 60 pour cent (Alberta et zones
montagneuses de Californie à climat assez extrême) 1 000 alevins au départ
ne donnaient que 400 truitelles de 1 an, 160 truites de 2 ans et 64 truites
de 3 ans. Supposons que ces truites de 3 ans arrivent à une taille réglementaire
de 20 centimètres, correspondant à la taille requise pour leur première fraye.
Le pêcheur sera obligé de prélever la totalité de ses prises sur ces 64 truites
qui constituent le stock de reproducteurs. Dans quantité de rivières la taille
légale ne sera acquise qu’au bout de 4 ans. Le pêcheur ne pourra alors faire
porter ses captures que sur un stock réduit de 25 reproducteurs. Il serait
sûrement plus avisé de faire porter une partie des captures sur les sujets
plus jeunes dont quantité mourront de toutes façons de causes naturelles
avant d’atteindre la taille légale. Ainsi, on éviterait que la totalité des
captures ne se fasse au détriment du stock de géniteurs. Certains sont allés
plus loin dans cette voie en conseillant l’adoption d’une taille maximum, au
lieu d’une taille minimum. Ce serait alors les grands reproducteurs, qui ont
eu la chance très rare de survivre, qui seraient protégés, et non les jeunes
dont la plus grande partie disparaît chaque année.
Sans être aussi affirmatifs que Miller, il nous faut reconnaître que la
nécessité d’une taille minimum ne s’impose plus avec évidence. Le problème
mérite d’être étudié plus à fond, compte tenu des conditions de milieu. Il
importe avant tout pour cela de chiffrer les taux de mortalité naturelle en
fonction de l’abondance relative des espèces antagonistes, et aussi, et peutêtre surtout, en fonction des températures extrêmes, hivernales et estivales.
11.021,4. Limitation des dimensions et du nombre d’engins de pêche et de
bateaux
Toutes ces restrictions sont d’un usage courant et sont en général efficaces,
du point de vue conservation des stocks. Du point de vue économique, une
remarque s'impose toutefois pour les pêches industrielles intéressant les eauxmarines et les grands lacs. Lorsque le facteur prix de revient est d’une
importance primordiale, ces restrictions peuvent condamner une pêche professionnelle à la faillite. Mieux vaudrait alors laisser pêcher un tonnage journalier important, qui seul peut justifier une pêche industrielle génératrice
de bas prix de revient, quitte à réduire le tonnage total pêché, soit en limitant
davantage les périodes d’ouverture, soit en limitant le nombre des usines
traitant le poisson.
