PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES D’AMÉNAGEMENT
Il importe cependant de ne pas confondre des populations de jeunes et
petits poissons qui peuvent avoir besoin de protection, avec des populations
sous-exploitées de poissons petits mais âgés, sur lesquelles il y a lieu au
contraire d’intensifier la pêche. 11 importe encore de bien vérifier, même si
l’on est en face d’une population comportant un important pourcentage de
jeunes, que ceux-ci émigrent bien, passé une certaine taille, faute de quoi
la mise en réserve de ces pouponnières ne peut se justifier. Le cas est particulièrement important pour les têtes de vallées que l’on a toujours considérées
comme pouponnières de truites jusqu’à ce jour. De nombreux pays les ont
en conséquence classées en réserves. Se basant sur les migrations ascendantes
de reproduction des truites et sur la richesse en alevins et en truitelles de
toutes les têtes de bassin, on considérait comme article de foi que les truites
des grandes rivières allaient pondre dans les petits affluents, puis que les
jeunes en redescendaient. A la suite de travaux de marquage récents, cette
conception semble prêter de plus en plus à discussion. Confirmée semble-t-il
dans certains cas, elle se trouve complètement infirmée dans d’autres où les
populations d’aval et d’amont sont indépendantes et pratiquement sédentaires, celles d’amont étant caractérisées par des truites de petite taille
mais de tous âges, et de petite taille parce que surabondantes par rapport à
la nourriture disponible (10.012,10).
De la faible croissance de nos truites de ruisseau nous n’avions donné
jusqu’à présent comme explication que l’exiguïté de l’habitat, la basse température et la nature géologique du sol. Il nous faut aujourd’hui y ajouter,
et en bonne place très vraisemblablement, le surpeuplement. Ce dernier ne
saurait en aucun cas justifier biologiquement une réserve, mais au contraire
une pèche plus active, ou mieux, une exportation vers l’aval de truites de
repeuplement sauvages (10.044,4).
11.021,201. Zones de concentration de poissons particulièrement vulnérables (en dehors de la jraye). — Dans leurs migrations ascendantes de
reproduction, saumons, esturgeons, aloses... sont souvent contraints à des
arrêts plus ou moins longs à l’aval des barrages, le niveau d’eau ne leur permettant pas de franchir les passes édifiées à leur intention. Ainsi se forment
des concentrations, parfois énormes, de poissons particulièrement vulnérables. La mise en réserve de tels secteurs rentre dans le cadre d’une saine
gestion piscicole.
11.021,202. Zones quelconques.— 11 est de pratique courante d’implanter
un peu partout des réserves, dans le but général de protéger le poisson, sans
que ces réserves soient justifiées par une raison particulière. Une telle conception se justifie dans le cas d’espèces suffisamment vagabondes pour que
les jeunes nés dans la réserve essaiment ailleurs où ils profiteront au pêcheur.
Dans le cas contraire, et il semble bien que ce ne soit pas l’exception, ces
réserves profiteront surtout, si ce n’est uniquement, aux braconniers.
Il importe cependant de ne pas confondre des populations de jeunes et
petits poissons qui peuvent avoir besoin de protection, avec des populations
sous-exploitées de poissons petits mais âgés, sur lesquelles il y a lieu au
contraire d’intensifier la pêche. 11 importe encore de bien vérifier, même si
l’on est en face d’une population comportant un important pourcentage de
jeunes, que ceux-ci émigrent bien, passé une certaine taille, faute de quoi
la mise en réserve de ces pouponnières ne peut se justifier. Le cas est particulièrement important pour les têtes de vallées que l’on a toujours considérées
comme pouponnières de truites jusqu’à ce jour. De nombreux pays les ont
en conséquence classées en réserves. Se basant sur les migrations ascendantes
de reproduction des truites et sur la richesse en alevins et en truitelles de
toutes les têtes de bassin, on considérait comme article de foi que les truites
des grandes rivières allaient pondre dans les petits affluents, puis que les
jeunes en redescendaient. A la suite de travaux de marquage récents, cette
conception semble prêter de plus en plus à discussion. Confirmée semble-t-il
dans certains cas, elle se trouve complètement infirmée dans d’autres où les
populations d’aval et d’amont sont indépendantes et pratiquement sédentaires, celles d’amont étant caractérisées par des truites de petite taille
mais de tous âges, et de petite taille parce que surabondantes par rapport à
la nourriture disponible (10.012,10).
De la faible croissance de nos truites de ruisseau nous n’avions donné
jusqu’à présent comme explication que l’exiguïté de l’habitat, la basse température et la nature géologique du sol. Il nous faut aujourd’hui y ajouter,
et en bonne place très vraisemblablement, le surpeuplement. Ce dernier ne
saurait en aucun cas justifier biologiquement une réserve, mais au contraire
une pèche plus active, ou mieux, une exportation vers l’aval de truites de
repeuplement sauvages (10.044,4).
11.021,201. Zones de concentration de poissons particulièrement vulnérables (en dehors de la jraye). — Dans leurs migrations ascendantes de
reproduction, saumons, esturgeons, aloses... sont souvent contraints à des
arrêts plus ou moins longs à l’aval des barrages, le niveau d’eau ne leur permettant pas de franchir les passes édifiées à leur intention. Ainsi se forment
des concentrations, parfois énormes, de poissons particulièrement vulnérables. La mise en réserve de tels secteurs rentre dans le cadre d’une saine
gestion piscicole.
11.021,202. Zones quelconques.— 11 est de pratique courante d’implanter
un peu partout des réserves, dans le but général de protéger le poisson, sans
que ces réserves soient justifiées par une raison particulière. Une telle conception se justifie dans le cas d’espèces suffisamment vagabondes pour que
les jeunes nés dans la réserve essaiment ailleurs où ils profiteront au pêcheur.
Dans le cas contraire, et il semble bien que ce ne soit pas l’exception, ces
réserves profiteront surtout, si ce n’est uniquement, aux braconniers.
