466
PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DÉMÉNAGEMENT
à une judicieuse information (chap. 12). Toute mesure obtenue par surprise
est en effet exposée au moindre remous politique, à moins qu’une justification
a posteriori ne lui rallie rapidement Pouvoir et Opinion.
Bien qu’efficace, biologiquement opportune en soi, et admise sur le plan
théorique par le Pouvoir et l’Opinion, une mesure réglementaire, ou plus
exactement l’ensemble des mesures réglementaires, ne sera totalement opportun et ne sera en définitive réellement appliqué, qu’à la condition d’être
sullisamment simple pour que les populations humaines intéressées soient
capables de s’y reconnaître parmi les interdictions, capables aussi d’en comprendre l’intérêt. Que certains se complaisent dans une situation caractérisée
par la complexité, la « chicane » et les « tolérances », c’est une affaire de goût
qui n’a qu’une importance relative sur les parcours de pêche d’amateur des
pays suréquipés. Dans les pays sous-équipés, sous-alimentés, où l’exploitation
rationnelle des eaux continentales est un problème vital, il n’en est plus de
même. La simplicité de la réglementation est pour ces pays d’une nécessité
absolue.
11 .01. Opportunité biologique
Pendant des siècles nous avons vécu avec l’idée préconçue de la surexploitation chronique de nos rivières et de nos lacs et du bienfait de toutes
mesures conservatoires. 11 a fallu arriver aux recherches poursuivies depuis
20 ans aux États-Unis pour s’apercevoir que si la surexploitation était un
mal assez général sur des populations à faible résilience (2.5 — 6.131), comme
les Salmonidés, la sous-exploitation était un mal non moins répandu sur les
espèces à forte résilience qui prédominent dans les eaux chaudes ou tempérées
(5.61 — 8.21). Faute de connaissances biologiques, alors inexistantes en
cette matière, les législateurs de toutes nationalités ont donc imposé partout
aux pêcheurs jusqu’à ces dernières années : périodes de fermeture, tailles
minima de capture pour les poissons, dimensions minima pour les mailles
des filets, procès-verbaux aux contrevenants, alors que pour les espèces à
forte résilience des eaux chaudes et tempérées une augmentation du nombre
des captures aurait été souvent beaucoup plus indiquée (Drouin de
Bo’uville, 1937 ; Vouga, 1937).
Pour l’administrateur responsable, l’un des premiers pas à faire dans la
voie d'une rationalisation progressive de l’exploitation est de faire établir
un diagnostic, ou tout au moins de se forger une idée, le plus objectivement
possible, sur l’état de surexploitation ou de sous-exploitation des populations
en cause.
Les cas particuliers ci-après montrent l’action de quelques facteurs sur
les chances de surexploitation ou de sous-exploitation qu’encourent quelques
espèces.
Dans les lacs naturels et lacs de barrage de la moitié sud des États-Unis,
les espèces non carnivores, à forte résilience, ne trouvent plus en face d’elles
Précédent

- 493/752

Suivant