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PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES 1)’AMÉNAGEMENT
souvent même sous la pression des pêcheurs professionnels, une supériorité
énorme du rendement de la fécondation artificielle sur la fécondation naturelle étant alors admise comme article de foi. Comme pour la truite, les
pêcheurs étaient toujours persuadés que leurs prises étaient fonction des
déversements d’alevins effectués. Malheureusement on s’abstenait le plus
souvent d’établir ou de consulter des statistiques sérieuses. Si l’on avait au
contraire la chance de disposer de tels documents, avec possible corrélation
directe entre les alevinages et les captures, on attribuait l’augmentation des
captures et du stock à l’augmentation de l’alevinage, sans réaliser que ce
pouvait être l’inverse, et que l’augmentation de l’alevinage, à base d’œufs
prélevés sur des géniteurs sauvages, pouvait provenir de l’accroissement du
stock lui-même dont l’importance est sujette à de nombreuses causes de fluctuation (6.14 — 6.15).
Ce fut cependant au sujet des corégones des Grands Lacs canadiens et
américains que, dès 1908, le professeur Prince tenta le premier, sans succès
d'ailleurs, d’attirer l’attention des biologistes sur l’efficacité de la fécondation
naturelle : « J’ai essayé de récolter sur les frayères des œufs non fécondés.
Je suis allé pour cela, l’eau jusqu’aux genoux, sur les gravières où ces poissons
étaient en train de frayer ; et je vous le dis messieurs, j’ai récolté ainsi quantité
d’œufs. Sur plusieurs milliers je n’ai pas réussi à en trouver un seul qui ne
soit pas fécondé, ce qui montre avec quelle perfection s’effectue la fécondation
lors de la reproduction naturelle» (Schneberger, 1948). Il fallut attendre
près de quarante ans pour que les avertissements de Prince reçoivent enfin
des confirmations.
Seul Grand Lac nord-américain resté inexploité jusqu’alors, le Great
Slave Lake fut l’objet en 1945 seulement d’un début d’exploitation commerciale, sous le contrôle du Fisheries Research Board of Canada. L’analyse de
la fréquence des classes d’àges dans les captures, réalisée dès le début de la
pêche, et la non-variation de cette fréquence dans les années suivantes, a
permis de chiffrer à 61 pour cent le taux de mortalité annuelle naturelle des
corégones, Coregonus clupeajormis, de taille marchande. Kennedy (1953)
montre, qu’avec un taux de mortalité naturelle de cet ordre, il n’est pas
besoin d’invoquer un faible taux de la fécondation naturelle au départ pour
expliquer que, dans une population en équilibre, une ponte de plusieurs
milliers d’œufs n’arrive à produire en définitive qu’un couple de poissons
adultes remplaçant le couple de reproducteurs originels. Si la fécondation
naturelle chez les corégones égale la fécondation artificielle, et si ces poissons
sont obligatoirement sujets, comme les autres, à un taux de mortalité énorme
tout au long de leur vie, on peut à l’heure actuelle se demander où réside
l'intérêt des repeuplements en corégones à base de géniteurs sauvages autochtones, au cas où il y en aurait un.
En réalité, aux États-Unis et au Canada, où la pisciculture de corégones,
à base de géniteurs sauvages autochtones, a été pratiquée à grande échelle,
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