POPULATIONS A FAVORISER. REPEUPLEMENTS
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gravier de taille moyenne, autant que possible de un demi à deux pouces de
diamètre (13 à 50 millimètres). La femelle choisit des gravières partiellement
cimentées avec du sable et évite soigneusement les gravières instables.
La fosse est creusée jusqu’à 20 et 25 centimètres de profondeur pour une
truite commune de belle taille. Un léger contre-courant ( * ) se produit au
fond de la fosse. Le courant existant au-dessus ne peut donc normalement
entraîner ni les œufs ni la-laitance qui peuvent ainsi rester en contact. L’émission des œufs se fait par un jet de plusieurs centaines. Les œufs restent
groupés ainsi en «poches » contenant 300 à 1 000 œufs chacune. Le mâle émet
aussitôt sa laitance, puis, sans délai, la femelle recouvre sa ponte de graviers.
La même femelle peut faire sa ponte en plusieurs fois, et former ainsi 3 à \
poches d’œufs par frayères. La dissémination des œufs, signalée par
Calderwood (1931), semble n’ètre qu'une exception lorsque truites et
saumons disposent de graviers assez gros facilitant le groupement des œufs.
Les films pris ultérieurement sur la reproduction naturelle du saumon
atlantique, Salmo salar (Jones et King, 1949), de l’omble chevalier, Salvelinus alpinus, de l’omble de fontaine, Salvelinus fontinalis, et de l’ombre,
Thymallus thymallus (Fabricius et Gustafson, 1954-1955), confirment ces
observations visuelles et montrent clairement que l’émission des produits
sexuels s’opère de façon absolument simultanée, mâles et femelles étant
pour quelques secondes accolés l’un à l’autre. Le fait que les spermatozoïdes
ne vivent que quelques dizaines de secondes dans l’eau ne constitue donc
pas en lui-même un empêchement à une fertilisation presque totale de la
masse d’œufs pondus. Il n’y a donc rien d’invraisemblable à ce que, contrairement aux idées préconçues antérieures, Hobbs rende compte de fécondations à peu près totales (99,2 pour cent) pour les 74 frayères qu’il étudia sur
77 rivières de Nouvelle-Zélande et relatives au saumon chinook Oncorhynchus tschawytscha, à la truite arc-en-ciel Salmo gairdneri et à la truite commune Salmo trutta jario.
Vu le sérieux du travail de Hobbs, qui fait autorité, de nombreux auteurs
admirent ses conclusions sans pousser plus avant. Comme ces résultats
avaient été obtenus en Nouvelle-Zélande, sur des espèces importées, une
réserve pouvait cependant être faite. On avait en effet déjà les précédents
de quelques succès d’acclimatation de vertébrés nord-américains en NouvelleZélande ou ailleurs, qui avaient été accompagnés d'une augmentation de
leur taux de reproduction normal. 11 était donc nécessaire d’avoir confirmation que les taux de rendement observés par Hobbs dans les frayères
de Nouvelle-Zélande se retrouveraient dans d’autres pays.
D’une importance indiscutable pour la politique piscicole des diverses
nations, ces vérifications commencent à arriver :
Cameron (1940), au Canada, contrôle un taux de fécondation de 98,2 pour
cent sur le saumon pink et de 98,6 pour cent sur le saumon sockeye.
(1) Contre-courant mis en évidence par coloration, à la suite du dépôt d'un cristal de permanganate de potasse au fond de la fosse.
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