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PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DÉMÉNAGEMENT
de la mousse humide comme pour un emballage classique. De cette façon,
les œufs serrés les uns contre les autres ne pouvaient pas bouger dans les
boites. A la réception, les boites étaient délicatement enterrées dans les gravières de la rivière l’Orne, sans toucher aux œufs. La mortalité à l’éclosion,
trois mois après, ne dépassait pas 20 pour cent en 1953 et 10 pour cent en
1954. A titre de témoin, une boîte avait été envoyée à moitié pleine seulement.
Les œufs étaient donc libres de s’y déplacer. Très rapidement la mortalité
atteignit 100 pour cent.
10.021. Transport du poisson
Faisant principalement appel à des espèces ne se reproduisant pas en
étang, les piscicultures d’eau douce chinoises ou hindoues sont dans l’obligation d’avoir recours à des récoltes d’alevins en rivière, puis à des transports
d’alevins qui peuvent s’étendre par mer ou par terre sur de longues distances, et cela depuis quelque trois millénaires. C’est dire que dans ce domaine,
comme dans beaucoup d’autres, l’empirisme a précédé la recherche scientifique systématique. 11 semble donc logique d’examiner les méthodes de transport de poissons dans l’ordre chronologique où elles ont fait leur apparition :
méthodes basées sur le renouvellement de l’air dissous dans l’eau, sur l’injection d’oxygène dans l’eau, puis sur la régénération de l’eau, avec en complément la pratique d’anesthésie préalable du poisson pour diminuer ses besoins
respiratoires pendant le transport.
10.021,0. Renouvellement de l’air dissous dans l’eau
Les pratiques en usage en Extrême-Orient varient quelque peu selon
l'importance des transports, bien que leurs principes restent identiques.
Pour des trajets relativement courts, exécutés à pied, chaque porteur,
ayant une barre en travers des épaules, peut se charger de deux paniers de
bois ou de bambous laqués intérieurement. Chacun de ces paniers contient
15 à 20 litres d’eau et 2 000 à 3 000 alevins de 2 à 3 centimètres de long. La
cadence de marche doit être rapide, de façon à provoquer un balancement
des paniers tel que les secousses imprimées à l’eau soient suffisantes pour
faciliter, par diffusion, l’absorption de l’oxygène de l’air et l’élimination du
gaz carbonique. Les étapes de nuit se font sur le bord de rivières, de lacs ou
de petits étangs. Un vivier souple, fait de ramie, est alors tendu sur le bord
de l'eau et les alevins y sont entreposés pour la nuit. C’est alors qu'ils reçoivent
leur nourriture, faite en général d’un mélange de jaunes d’œufs durs et de
farine (Lin, 1949).
Aux Indes, pour des transports déjà importants mais ne durant guère
plus de 24 heures, les alevins sont placés dans des jarres de terre poreuse de
20 à 50 litres de capacité qui reçoivent chacune 50 000 à 75 000 alevins de
4 à 6 millimètres. Des changements d’eau partiels sont exécutés lorsque l’occasion se présente. Entre ces changements, l’eau est constamment agitée en
surface, à la main, par les convoyeurs. De temps à autre une bouillie d’argile
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