372
PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES D’AMÉNAGEMENT
sang chaud et les prédateurs à sang froid. Les premiers ont des besoins alimentaires relativement constants et importants, surtout les oiseaux. S’ils ne
trouvent plus en un endroit une nourriture suffisante, ils se déplacent facilement et sont ainsi susceptibles de provoquer des prédations du type A et C
(Huntsman, 1941). Les poissons carnivores, au contraire, ont des besoins
alimentaires beaucoup moins constants et beaucoup plus faibles. Ils sont le
plus souvent générateurs de situation du type C.
Rappelons enfin que lorsque l’antagonisme concerne des espèces nouvellement mises en présence, l’une d’elles peut provoquer sur les autres des
dégâts catastrophiques n’ayant plus rien à voir avec les relations normales
existant entre prédateurs et proies en contact depuis longtemps (5.622).
Quelle que soit l’ampleur des moyens mis en œuvre dans le contrôle des
lamproies marines, Petromyzon marinas, qui ont envahi certains Grands Lacs
américains, l’invasion n’est pas encore maîtrisée (Applegate, 1950, 1951 ;
Applegate. Smith et Nielsen, 1952 ; Applegate, Howell, Hall et
Smith, 1957).
9.8. MALADIES
Les maladies relatives aux poissons d’élevage sont légion. Elles ont, à
elles seules, motivé jusqu’à présent la presque totalité des études sur les maladies des poissons : Plehn (1924), Scheuring (1936), Schâperclaus (1954),
Davis (1953), Penso (1953), Snieszko et al. (1954).
En pisciculture, les maladies, passé un certain stade de gravité, ne peuvent
pas passer inaperçues.
En eaux sauvages, il n’en va pas de même, à moins qu’il ne s’agisse d’une
épidémie importante et brutale. En temps normal, les sujets atteints sont
éliminés par les prédateurs, dès qu’ils présentent des signes d’affaiblissement
notoires, ou alors coulent à fond, où ils échappent à l’observation, sauf s’il
s’agit par exemple de ruisseaux très peu profonds. Même dans le cas d’enregistrement d’une mortalité massive, les biologistes compétents n’ont pas
la possibilité de se trouver sur les lieux en temps opportun pour examiner
des sujets atteints encore frais, seuls susceptibles d’étayer un diagnostic. On
attribue alors la mortalité massive à une quelconque pollution, ou à une
déficience en oxygène.
Ce n’est que par Oppenheiner (1953) que nous savons que l’observation
sous-marine, en scaphandre, a révélé que 5 à 10 pour cent des poissons marins
présentaient des lésions superficielles à allure bactérienne. Mais ces lésions
sont invisibles à l’œil nu une fois le poisson sorti de l’eau. Si l’observateur
sous-marin harponne ces poissons atteints, et repère avec soin l’emplacement
des lésions visibles sous l’eau, alors seulement une étude ultérieure, au microscope et par culture, confirmera l’existence de nombreuses bactéries sur les
zones non identifiables à l'œil nu dans l’air. Ceci peut expliquer les importantes
Précédent

- 399/752

Suivant