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PÊCHES CONTINENTALES. PRINCIPES D’AMÉNAGEMENT
le rôle de prédateurs sur les œufs et les alevins des espèces carnivores de
choix. L’amélioration de la pèche, dans les deux cas, ne peut s’obtenir que
par un retour à l’équilibre. Une action indirecte, par le contrôle de la végétation aquatique, a toutes chances d’être l’un des moyens les plus efficaces.
Une réduction de la végétation favorisera les voraces en réduisant les abris
des espèces non carnivores, et inversement. Une action directe, par repeuplement de l’espèce déficiente, et pêche intensive de l’espèce surabondante,
peut donner parfois d’excellents résultats. Cela, à une seule condition, que
l’un ou l’autre, ou l’un et l’autre soient faits de façon intensive. Le problème
n’est pas de les poursuivre pendant de nombreuses années, mais d’imprimer
un choc suffisamment important pour qu’une situation qui ne pouvait, laissée
à elle-même, sortir de son déséquilibre, parvienne à un état d’équilibre où
elle se maintiendra ensuite d’elle-même, pourvu qu’aucune autre influence
extérieure ne le lui fasse perdre à nouveau. Une fois l’équilibre atteint, le
contrôle des prédateurs redevient complètement inutile, comme d’ailleurs les
repeuplements. Les espèces antagonistes se contrôlent alors l’une l’autre.
C’est l’existence de ce seuil, entre les états de déséquilibre et d’équilibre,
qui explique la discordance des résultats des nombreuses tentatives de réduction d’espèces envahissantes. On n’a pratiquement rien obtenu tant que
l'on n'a pas dépassé la capacité de remplacement de la résilience de l’espèce
surabondante, tant que l’on n’a pas imprimé un choc suffisant pour faire
remonter le fléau de la balance à son état d’équilibre (avec oscillations raisonnables). Par contre, si le coup d’épaule momentané a été suffisant pour
remettre le fléau en place, la partie est gagnée, tout au moins momentanément.
S’agit-il d’une situation de type C, où, sur l’espèce proie, les prédateurs
capturent tous les individus au delà d’un certain nombre minimum? Nous
avons vu qu’une réduction du nombre des prédateurs n'aura aucun effet sur
le taux de survie des proies, à moins que cette réduction ne soit telle qu’elle
détruise la situation C au bénéfice d’une situation B, ou môme A.
Si connaître approximativement la nature de la situation en face de
laquelle on se trouve est nécessaire pour éviter de se lancer dans des opérations
onéreuses sans aucune chance de succès, il est tout aussi nécessaire d’identifier
avec soin, non seulement les espèces prédatrices en cause, mais aussi l’intensité
de leurs dégâts. Nous avons vu en effet que dans les situations de type B,
les plus courantes, un contrôle des prédateurs avait d’autant plus de chances
d'être réellement efficace que la survie originelle de l’espèce proie était plus
faible. Ce serait donc perdre son temps et son argent que de déclarer la guerre
à des prédateurs d'occasion. Veut-on deux exemples, entre autres? Tous ceux
qui ont parcouru les rivières à truites et à saumons et prospecté les frayères
en hiver avec les biologistes, ont vu truitelles et tocans l’estomac garni d’œufs
de saumons. Quelle destruction ! pensent-ils. En fait, celle-ci est en général
négligeable. Pratiquement, la presque totalité des œufs est enfouie suffi­
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