356
PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DÉMÉNAGEMENT
se rangent les lacs de tourbières, si abondants dans certains pays, en Amérique
du Nord en particulier.
Dans ces lacs, le phosphore, la potasse, l’azote sont fixés par adsorption par les colloïdes de fond ou par des végétaux tels que les sphaignes
(Hayes, 1951). La productivité est par ailleurs freinée par l’acidité de l’eau
et par son peu de transparence qui entrave la pénétration des radiations
lumineuses.
Toute amélioration implique donc d’abord un chaulage énergique. Ce
dernier précipitera les colloïdes du fond, alcalinisera l’eau et la rendra plus
transparente. Un seul traitement suffit en général pour un bon nombre
d’années. Ensuite on pourra épandre des superphosphates.
9.603. Mobilisation physique des éléments fertilisants du fond
Nous avons vu que la majeure partie des éléments fertilisants se trouvaient
en général hors circuit du cycle alimentaire : (1) du fait de leur adsorption
dans une proportion de 90 pour cent par les colloïdes de la vase ; (2) du fait
que les eaux enrichies au contact de la vase ne parvenaient dans la zone
limnétique que deux fois par an dans les lacs à circulation saisonnière, et
pour ainsi dire jamais dans les lacs profonds, exempts de circulation (5.23
5.310).
Des études ont été entreprises sur les possibilités de mobilisation physique
de ces éléments fertilisants du fond, au bénéfice des couches superficielles :
(1) Par pompage des eaux de fond avec création d’une circulation saisonnière
artificielle, principalement à la période de l’année la plus favorable à la croissance (Hooper, Ball et Tanner, 1953). (2) Par pompage de la vase profonde,
qui est répandue sur les hauts fonds de la zone photosynthétique (Hubbs et
Eschmeyer, 1938). L’avenir seul précisera la valeur de ces techniques sur
le plan pratique.
9.604. Fertilisation des rivières
Huntsman (1948) fit une expérience de fertilisation avec engrais complet
sur un petit ruisseau très pauvre de Nouvelle-Écosse. L’action s’en fit sentir
sur les 200 ou 300 mètres aval, aux endroits seulement où le fond était plus
ou moins vaseux, et où par conséquent les sels minéraux pouvaient être
accumulés dans la vase, au lieu d’être emportés par le courant. Du point de
vue pratique, ces résultats, logiques, ne semblent pas encore très encourageants.
Certains avaient pensé tourner la difficulté en mettant des engrais dans
de petits étangs qui auraient déversé ensuite leurs eaux et leur plancton dans
les rivières voisines. Des recherches furent faites à cette intention sur une
rivière à truites du Michigan. Comme on pouvait s’y attendre, on ne trouva
pas trace de plancton en eau courante. Ce dernier n’avait pu probablement
supporter le passage d’une eau dormante, plus ou moins chaude, à une eau
PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DÉMÉNAGEMENT
se rangent les lacs de tourbières, si abondants dans certains pays, en Amérique
du Nord en particulier.
Dans ces lacs, le phosphore, la potasse, l’azote sont fixés par adsorption par les colloïdes de fond ou par des végétaux tels que les sphaignes
(Hayes, 1951). La productivité est par ailleurs freinée par l’acidité de l’eau
et par son peu de transparence qui entrave la pénétration des radiations
lumineuses.
Toute amélioration implique donc d’abord un chaulage énergique. Ce
dernier précipitera les colloïdes du fond, alcalinisera l’eau et la rendra plus
transparente. Un seul traitement suffit en général pour un bon nombre
d’années. Ensuite on pourra épandre des superphosphates.
9.603. Mobilisation physique des éléments fertilisants du fond
Nous avons vu que la majeure partie des éléments fertilisants se trouvaient
en général hors circuit du cycle alimentaire : (1) du fait de leur adsorption
dans une proportion de 90 pour cent par les colloïdes de la vase ; (2) du fait
que les eaux enrichies au contact de la vase ne parvenaient dans la zone
limnétique que deux fois par an dans les lacs à circulation saisonnière, et
pour ainsi dire jamais dans les lacs profonds, exempts de circulation (5.23
5.310).
Des études ont été entreprises sur les possibilités de mobilisation physique
de ces éléments fertilisants du fond, au bénéfice des couches superficielles :
(1) Par pompage des eaux de fond avec création d’une circulation saisonnière
artificielle, principalement à la période de l’année la plus favorable à la croissance (Hooper, Ball et Tanner, 1953). (2) Par pompage de la vase profonde,
qui est répandue sur les hauts fonds de la zone photosynthétique (Hubbs et
Eschmeyer, 1938). L’avenir seul précisera la valeur de ces techniques sur
le plan pratique.
9.604. Fertilisation des rivières
Huntsman (1948) fit une expérience de fertilisation avec engrais complet
sur un petit ruisseau très pauvre de Nouvelle-Écosse. L’action s’en fit sentir
sur les 200 ou 300 mètres aval, aux endroits seulement où le fond était plus
ou moins vaseux, et où par conséquent les sels minéraux pouvaient être
accumulés dans la vase, au lieu d’être emportés par le courant. Du point de
vue pratique, ces résultats, logiques, ne semblent pas encore très encourageants.
Certains avaient pensé tourner la difficulté en mettant des engrais dans
de petits étangs qui auraient déversé ensuite leurs eaux et leur plancton dans
les rivières voisines. Des recherches furent faites à cette intention sur une
rivière à truites du Michigan. Comme on pouvait s’y attendre, on ne trouva
pas trace de plancton en eau courante. Ce dernier n’avait pu probablement
supporter le passage d’une eau dormante, plus ou moins chaude, à une eau
