DONNÉES DU PROBLÈME. POSSIBILITÉS
13
De plus, contrairement aux eaux naturelles, étangs ou rizières peuvent être
créés en grand nombre partout où l’hydrographie et la topographie des lieux
le permettent. C’est ainsi qu’en deux ans 15 000 étangs familiaux ont été
créés dans le seul district de Fianaranlsoa à .Madagascar (lig. 13.13).
Les rizières, dernière conquête des pèches continentales, donnent, en
plus du riz, un superdividende de 30 à 50 kilogrammes de poisson par hectare
et par an en Indonésie et de 145 kilogrammes au Japon, chiffres portés à
2 250 kilogrammes par distribution de nourriture complémentaire.
Si la pratique de la rizipisciculture était étendue progressivement aux
quelque 80 millions d’hectares de rizières du monde, elle correspondrait,
sur la base d’un rendement moyen modeste de 30 kilogrammes, à deux milliards 400 millions de kilogrammes de poisson par an, soit la moitié de la
production totale actuelle des eaux continentales, soit encore 15 à 20 pour cent
de la quantité totale de poisson effectivement consommé par l’homme à
l’heure actuelle (pêches continentales et pêches maritimes réunies).
1.21. Évolution des populations humaines
et de leurs subsistances
Reprenant les idées des philosophes français du xvme siècle, Condorcet
en France et Godwin en Angleterre, se signalèrent par leurs initiatives en
matière de législation sociale. Leurs thèses optimistes et généreuses se heurtèrent à de nombreux détracteurs, en tête desquels se signalèrent le marquis
de Sade et Malthus. Reprenant les arguments du premier, M xltiius montra
dans son Essai sur la population (1798) que les thèses de Condorcet et de
Godwin relevaient de l’utopie pour deux raisons: (1) parce qu'il existe chez
tous les hommes une tendance naturelle à la procréation surabondante,
qui fait généralement croître leur nombre en progression géométrique,
alors qu’ils ne peuvent faire progresser leurs subsistances et ressources de
toutes sortes qu’en progression arithmétique ; (2) parce qu’il existe dans la
nature des forces destructives qui agissent pour corriger les excès et qu’il
appelle « obstacles répressifs ».
Pour le profane, définir une progression arithmétique par :
2 + 2 + 2 + 2... = n x 2
et une progression géométrique par :
2 x 2 x 2 x 2 x 2 ... — 2”
ne lui apporte pas en la matière une lumière suffisante. Plus frappante
est l’histoire, ou la légende, de l’invention du noble jeu des échecs par un
nommé Sessa, sous le règne de Sheran, puissant monarque des Indes, et
que nous reproduisons ici pour sa valeur pédagogique :
« Demande-moi ce que tu désires pour ta récompense et cela te sera
accordé » dit Sheran. Et Sessa de répondre :
Précédent

- 37/752

Suivant